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Eh
bien, les frontières sont petites et déjà je vous
félicite pour votre bravoure et cette ligne de conduite que vous
avez réussi à me donner. J'ai souvent rêvé
de rencontrer «le» pour la vie et je me dis que tout est
bien plus facile et pourtant plus difficile aujourd'hui.
À vous, respectueusement,
F.
Cher F.,
À mon tour de vous féliciter d'oser parler sans entraves de
votre quête du compagnon idéal, car je suppose qu'il s'agit bien de cela,
n'est-ce pas?
Quant à m'ériger en modèle comme vous semblez le faire, je
m'inscris en faux, ne m'estimant absolument pas comme un exemple à suivre.
Certes, je peux me vanter d'avoir à peu près réussi ma vie artistique, ayant
découvert de belles choses en étudiant l'Art; certes, de plus en plus de jeunes
gens viennent vers moi pour me demander des conseils afin de réussir à trouver
l'âme sœur, en particulier une personne du même sexe, et je trouve cela
gratifiant. Mais malheureusement cette vie –que certains qualifieront de
dissolue, quant à moi je préfère l'adjectif «authentique»– m'a causé bien des
tourments, me menant en prison, m'attirant des affections parfois violentes dont
je viens seulement de me remettre. Cette liberté de penser vaut-elle le coup de
telles souffrances, d'une souffrance morale, civique, affective et physique?
Aujourd'hui encore, mes ennuis étant lointains, je n'en suis toujours pas
sûr.
Mais brisons là cette triste litanie, et revenons au sujet initial
de votre missive. J'espère ainsi, de tout cœur, que vous pourrez trouver «le»
pour la vie, et qu'il vous rendra heureux, tout simplement.
Votre
dévoué,
Oscar. |