Drogues et Holmes
       
       
         
         

adefossez@skynet.be

      Cher Dr Watson,

Je m'adresse ici à vous en tant que médecin: nous savons que votre ami, Mr Holmes, a la fâcheuse habitude d'abuser de certaines substances psychotropes extrêmement puissantes (dérivées de morphine, opiacé et j'en passe). Ne le dissuadez-vous pas d'utiliser ces drogues létales? De plus, pensez-vous que celles-ci sont indispensables pour que Mr Holmes exerce ses extraordinaires facultés de déduction?

Nous sommes ici entre gentlemen et je ne cherche certainement pas à nuire à la réputation de Holmes (qui est d'ailleurs excellente), mais certaines dépendances doivent être combattues avec la dernière des fermetés.

En tant que fervent lecteur de vos aventures, je me réjouis d'avance de votre réponse en espérant que celle-ci traversera la Manche sans problème pour rejoindre la Belgique au plus vite. (Un tunnel entre votre île et le continent serait tellement plus pratique!)

Sincerely yours,

Alexander

 

       
         

John Watson

      Londres, 1906

Cher Mr. Alexander,

Il est évident qu'en tant que médecin, je désapprouve totalement le fait que mon ami Holmes consomme ces drogues. Je l'ai vu s'injecter de la morphine et de la cocaïne trop souvent et lui ai souvent reproché cette pratique. Je ne nommerai aucune aventure ici, mais en parcourant le «canon», vous vous apercevrez que j'ai toujours tenté de dissuader Holmes de se droguer, et parfois même si un ton assez colérique, je dois l'avouer.

Je dois par contre vous corriger sur un point. Sherlock Holmes ne prend pas de drogue pour maintenir sa grande faculté de déduction. Au contraire, il fait cela pour la remplacer. Son esprit fonctionne au maximum durant une enquête. Voilà sa véritable drogue. Selon lui, la morphine permet à son esprit de se plonger dans un état semblable à ce qu'il serait durant une enquête et il y a recours seulement durant de longues périodes d'inaction où personne ne sollicite ses services.

Entre vous et moi, le meilleur moyen pour l'empêcher de consommer ces substances serait de le faire travailler sans arrêt. Si vous connaissez quelqu'un qui aurait besoin d'un détective, de grâce donnez-lui l'adresse de Sherlock Holmes!

Sincerely yours,

Dr. John Watson