| Patrice | ||
| Vos points négatifs | ||
| Monsieur Voltaire, J'éprouve un grand respect pour votre engagement politique en faveur de la raison et du progrès et pour les innombrables oeuvres qui émanent de votre combat quotidien mais malheureusement tout génie possède sa part d'obscurantisme. Je trouve que votre acharnement contre Rousseau sur de telles futilités relève d'une bassesse intellectuelle indigne d'un philosophe qui prétend apporter la lumière là où elle est absente. Je voudrais savoir la raison de ce mépris à l'égard d'un homme qui se battait contre les mêmes ennemis que les vôtres. Est-ce par jalousie de son talent littéraire? De plus, vous qui avez fustigé l'esclavage notamment dans Candide avec le «nègre» de Surinam, ne profitiez-vous pas de la traite? Voilà qui en dit long sur la sincérité de votre combat. Merci de vouloir répondre à mes questions enfin d'éclairer mon esprit confus. Patrice Je vois que vous aussi, monsieur, vous employez ce mot d'obscurantisme qui ne me semble guère avoir grand sens. Dans la lettre intitulée «Les Henriades» un autre correspondant l'avait déjà employé et je lui ai demandé d'éviter ces termes nouveaux et inutiles qui, dans dix ans, auront disparu. Si vous multipliez les inventions de ce genre, vos arrière-neveux auront le plus grand mal à lire ce que vous aurez écrit. Si vous avez tant d'amitié pour ce Jean-Jacques, allez donc le fréquenter: il a besoin de protecteurs, d'abord pour recevoir leur aide et ensuite pour cracher sur eux. Vous ne recevrez que ce que vous aurez mérité. Quant à la traite, j'en ai suffisamment parlé. Apprenez à lire avant de vous mêler d'écrire: je n'ai pas la prétention de démêler les esprits confus. V. |
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