| Gérard | ||
| Voltaire ou le dévouement? | ||
| Lumière de l'esprit, charme des troubadours, vous qui avez un auguste
cœur et le sens du savoir de la Justice naturelle, je ne puis baiser la
crasse qui gît sur vos ongles car vous les protégez avec des onguents
de Smyrne. L'étoile de Sheat est apparue et c'est ce qui me poussa à vous écrire, car la Providence me guide et me sonde. En effet, vous savoir vivant quelque part me permet de vivre également car mon admiration envers votre personne n'a d'égal que l'amour porté par un petit tigre à son père. Mais laissons là l'amour et suivez-moi, vous, le père de la lumière spirituelle. Je promettrais de vous offrir un verre de liqueur à la cannelle de Ceylan et aux épices de Tidor et de Ternate afin que la phrase «J'ai écrit Candide» fuît de vos lèvres. Cela dit, je vous conjure, ô votre grandeur, de ne point nier votre talent et votre propriété pour ce passionnant conte. N'oubliez point que je vis au XXIe siècle et que la liberté de l'expression n'est plus prisonnière de l'Église. Fichtre! Cessez votre mascarade et, pour le bien du meilleur des mondes, affirmez que «Candide» vous appartient. Rendez-vous à l'évidence et écrasons l'infâme sordide du mensonge enchanteur! J'attends votre réponse avec jouissance et je prie les vertus célestes que votre franchise soit sans mélanges. P. S.: J'ai su faire de votre dévoué conte un agréable lieu de délices. |
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