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Roi de Prusse |
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| Bonjour Monsieur de Voltaire, Je voudrais vous faire une demande un peu piquante: étiez-vous tombé amoureux du roi de Prusse, le grand Fréderic? Vous avez arrangé les choses à votre façon, mais... Il avait des sentiments sincères pour ceux qu'il aimait, je crois. Avec respect et malice, Véronique Votre lettre, Monsieur, ne peut même pas se vanter d'être maligne; elle est simplement ridicule. Si j'avais eu les moeurs que des bruits ont prêtées au roi, j'aurais eu tout de même le bon goût de ne pas choisir un homme ayant passé les quarante ans. Si quelques personnes ont eu des faiblesses, c'est que souvent un jeune garçon, par la fraîcheur de son teint, par l'éclat de ses couleurs, et par la douceur de ses yeux, ressemble pendant deux ou trois ans à une belle fille; si on l'aime, c'est parce que la nature se méprend; on rend hommage au sexe, en s'attachant à ce qui en a les beautés; et quand l'âge a fait évanouir cette ressemblance, la méprise cesse. Mais une telle perversion n'est possible que parce que les jeunes mâles de notre espèce, élevés ensemble, sentant cette force que la nature commence à déployer en eux, et ne trouvant point l'objet naturel de leur instinct, se rejettent sur ce qui lui ressemble. Je ne parle pas, il va de soi, de certains qui sont dans l'humanité ce que les monstres sont dans la nature. Si vous ne le sentez pas, je m'inquiète à votre sujet. Voltaire |
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