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limphi@hotmail.com |
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Querelle avec La Beaumelle? |
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| Monsieur Arouet, cher Voltaire, Admirant votre oeuvre, et ayant étudié un peu votre parcours je ne peux que m'intéresser de plus en plus à votre vie et votre talent. Ainsi sachez qu’actuellement mon objet d'étude actuel, en dehors de votre Oeuvre, est la maison d'éducation de Saint-Cyr, dont chacun sait qu'elle était dirigée par Madame de Maintenon! J'ai d’ores et déjà lu votre dialogue qui la met en scène avec Madame de Genlis, mais craint de ne pas vouloir y voir ce que vous vouliez y montrer! Pourriez-vous me décrire, s'il vous plaît, ce que vous avez vu en ces dames, et par là même peut être aussi, me dire qu'elles étaient leurs relations avant l'ascension de Françoise d'Aubigné? Je vous avoue ma curiosité, et me permets de pousser mon interrogation plus loin encore. Sachez que si cela m'intrigue c'est qu'il me semble y avoir une relation avec votre querelle avec Laurent Angliviel de La Beaumelle. Pourtant, cette querelle reste une énigme pour moi, n'ayant pu trouver aucun renseignement valable sur ses causes et ses raisons. Si vous pouviez m'éclairer donc sur ces points: qui était Madame de Maintenon selon vous? quelles étaient ses relations (en bref)? et découlant de cela, quelle était votre relation avec La Beaumelle après votre rencontre en 1750? Cela me serait d'un grand secours. Merci et pardonnez-moi si je soulève des points qui ne vous plaisent guère. Bien à vous. Mélin Sophie Voici deux ans, Madame, que la Beaumelle est mort et déjà son
souvenir s'efface: la terre achève de reprendre son corps comme le temps
reprend son nom. Je n'aurais guère prêté attention à ce jeune fat s'il
n'avait tenté de se faire valoir en parlant de façon méprisante de ceux
dont le talent était tout de même plus grand que le sien. On me dit
qu'il va paraître à Paris son commentaire sur la Henriade qu'on aurait
mieux fait d'enterrer avec lui; celui qui m'a appris la nouvelle, et qui
a pu déjà lire les épreuves, ajoute que ce pauvre homme s'est avisé de
récrire des passages entiers de cette oeuvre sans même savoir ce qu'est
la versification. Si je l'avais payé pour se rendre lui-même ridicule,
ajoute encore mon correspondant, il n'aurait sans doute pas fait mieux. Monsieur Arouet, Il me plaît de voir, Madame, que ma mémoire n'est pas aussi atteinte
que je l'avais craint, et je puis vous en donner une nouvelle marque.
Une aimable correspondante, sans doute dans un excès de flatterie, a
bien voulu m'assurer qu'en votre début de vingt-et-unième siècle on
conserverait bien dix mille lettres écrites par moi; sans doute
faudrait-il en rabattre au moins de moitié, mais quand il s'agirait du
double je ne crois pas qu'on en découvre une seule qui soit adressée à
«Monsieur Arouet». Il n'y a, figurez-vous, que trois correspondants à
m'avoir appelé ainsi, tous trois membres de ce cercle Dialogus que je
croyais mieux fréquenté. |
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