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écrit à

   


Voltaire

     
   

Le monde à vos pieds

    Cher Monsieur Voltaire,

Je vous écris de ma petite province, d'où émane mon idolâtrie pour vous.

Je me demande juste pourquoi tant d'esprit et de repartie sont mis à la disposition de tant de haine, alors que vous pourriez facilement mettre le monde à vos pieds.

Je dis cela car je suis triste d'aimer une personne mal vue par tant de gens, effectivement sots je vous l'accorde ou bien pas très futés quand même.

Quant à moi je vous soutiens et aime votre manière de tous les faire taire!

Avec tous mes respects et en espérant une réponse de votre propre main bien que je respecte Jean-Louis Wagnière votre secrétaire.

westu voltaire hal
 

Si vous me connaissiez mieux, vous ne me demanderiez pas pourquoi je ressens tant de haine car je n'ai jamais été d'humeur à haïr personne; seulement, quand des serfs de l'abbaye de Saint-Claude essaient de se libérer en secouant la tutelle de moines qui leur sucent le sang, j'ai la faiblesse de prendre leur parti. Que nos tonsurés essaient de se défendre en répandant sur moi toutes les calomnies qu'il leur plaît, c'est de leur intérêt si ce ne devait pas être de leur état. Si j'avais à mes pieds des gens pareils, c'est que je serais aussi méchant qu'eux et je n'y tiens pas.

De même, si vous me connaissiez mieux, vous sauriez que j'ai toujours aimé savoir à qui j'avais affaire; je ne connais de vous qu'un nom mystérieux et deux termes étranges dont vous encadrez le mien au bas de votre lettre. C'est peu pour se présenter.

Veuillez croire etc.


Je m'en excuse fortement, je m'appelle Benjamin, et ma hâte de vous poser cette question m'a fait aller très vite.

Effectivement, je vous connais peu et ne souhaiterais que vous connaître, mais que penser lorsqu'en un temps on vous dicte des romans de «Voltaire» et que le lendemain vous lisez que vous n'avez pas écrit tous les livres que l'on nous nomme, tel que Candide ou encore Zadig et j'en passe...

Sinon, pour votre réponse, il est vrai que ma question était légèrement prétentieuse, ou du moins il est prétentieux de se la poser et je ne peux que plus admirer votre esprit...

À bientôt, Monsieur Arouet, dit Volt-Air