Mes humbles salutations,
Monsieur Voltaire,
Devant l'incapacité de mes contemporains à apporter une
réponse que je juge satisfaisante à mes questions, j'ai
pris la décision de m'adresser directement à vous. Je
n'ai guère eu le temps de lire tous vos ouvrages, mais vous avez
quand même trouvé le moyen de m'intriguer. Aussi c'est
avec humilité que je vous demande de bien vouloir jeter un coup
d'oeil à ceci: quelle était votre implication dans la
politique et le gouvernement de votre époque? Aviez-vous
l'oreille du roi? Où trouviez-vous l'inspiration
nécessaire pour écrire vos oeuvres?
Mille mercis, Monsieur
Il serait difficile, Monsieur, de lire
tous mes ouvrages, surtout si l’on y range ceux que la malignité
publique m’attribue et que je m’en voudrais d’avoir écrits. Je
constate de la même
façon que ceux qui ne me connaissent pas me prêtent sur
les affaires publiques une influence que je n’ai jamais eue, au moins
dans mon pays. De grands souverains m’écrivent, et
j’ai dans mon cabinet leurs lettres, j’aurais bien aimé en
recevoir d’autres portant certaines signatures.
En vous saluant, Monsieur
V.
