[courriel du correspondant]
écrit à

   


Voltaire

     
   

Dilemme philosophique

   

Cher Voltaire,

Votre finesse et votre cynisme sont connus de tous et c'est pourquoi je vous écris. Je veux vous poser une question primordiale, à laquelle je crois vous avez partiellement répondu dans Candide (ou peut-être pas, et dans ce cas je n'y ai rien compris...): vaut-il mieux être un intellectuel mélancolique ou un imbécile heureux?  Je ne veux pas abuser de votre bonté mais je vous en prie, étayez un minimum votre réponse.

Question plus personnelle d'un Habsbourg que je suis: pourquoi ce rustre de Frédéric? Pourquoi pas Joseph? Vraiment je ne comprends pas!

Veuillez croire néanmoins à l'expression de mon immense respect et de mon admiration sincère,

Charles du Quesnoy de Habsbourg


Je n'ai rien écrit dans «Candide», Monsieur, pour la bonne raison que je n'ai tout simplement pas écrit «Candide». Vous n'êtes pas le premier à essayer de me le faire avouer et vous ne serez sans doute pas le dernier à recevoir même réponse. Quant à la question que vous me posez, si vous demandez des éclaircissements aux écrits qu'on me prête, lisez donc l'«Histoire d'un bon Bramin», imprimée je ne sais plus quand et je ne sais plus où. Mais tirez-en les conclusions que vous voulez: le vieil ermite de Ferney ne s'en mêlera pas.

V.