antovador@hotmail.com
écrit à

   


Voltaire

     
   

11 septembre 2001: mort de nos libertés?

    Cher Voltaire,

Je vous écris à presque 300 ans de distance, et je puis vous assurer que beaucoup de personnes dans le monde vous connaissent pour vos écrits.
Mais nous sommes en 2005, en ce début de siècle troublé où l´intolérance, que l’on pratique sous prétexte de lutter contre le terrorisme –particulièrement depuis le 11 septembre 2001–, fait des ravages que vous n’auriez pu imaginer à votre époque; nos libertés sont en train de mourir! Un pays construit jadis sur vos idées est devenu avec le temps un empire visant une domination de notre planète, qui ne fait qu’alimenter le terrorisme alors qu’il est censé être combattu, sans parler des injustices les plus criantes qui soient!
Je voudrais connaître votre position concernant notre époque.

À bientôt



J’avais déjà dit, Monsieur, à des membres de votre cercle que je n’avais eu ni la force ni même l’envie, je l’avoue, de parcourir l’épais volume que m’a remis le chevalier Sainte-Claire, dans lequel sont consignés tous les événements qui sont censés se produire au cours des siècles prochains. Il arrive que l’on m’interroge sur des livres que l’on m’attribue, alors que je n’en suis pas l’auteur et ne voudrais surtout point l’être; j’accepte tout de même de répondre, dans la mesure où je le puis, car au moins je les ai lus, ne serait-ce que pour les condamner. Que m’est-il possible cependant lorsque vous souhaitez mon avis sur une époque que je n’ai pas vécue, pas plus que vous d’ailleurs, et sur laquelle je n’ai pas eu le temps de m’informer? Je ne vois pas de quel pays vous voulez parler et je n’ai aucune idée de ce que vous entendez par le mot de terrorisme que je lis sous votre plume pour la première fois.

Tout ce que je puis vous conseiller, Monsieur, c’est d’écrire à d’autres personnes qui joueront mieux le jeu que moi; j’ai assez à faire avec les serfs de l’abbaye de Saint-Claude, avec un jeune et brillant officier français que notre pays a persécuté pour sa honte et que je recommande à la bonté du roi de Prusse. Je me passionne difficilement pour des malheurs imaginaires.

Veuillez croire etc.