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Chère Viviane,
Je voudrais savoir qui étaient les prêtresses, quelles
étaient leurs tâches, leur but, leur mode de vie, etc.
J'espère que vous pourrez m'éclairer.
Merci d'avance,
Chloé
Chère Chloé,
Je vais essayer de répondre à votre question, mais je
ne suis pas la mieux placée pour le faire. En effet, je pense
qu'il vaudrait mieux poser cette question à Morgane, qui reste
la Grande Prêtresse d'Avalon. Je crois l'avoir aperçue
pas très loin d'ici...
Autrefois, il y avait des écoles qui formaient les jeunes bardes
et les prêtresses à connaître leurs devoirs envers
les Dieux. Ces écoles étaient sur des îles éparses
autour de la Bretagne et de la Petite Bretagne. Chacune d'elles avait
sa propre fonction et spécialité, il y avait Mona, Sena,
Skye et bien d'autres. La prêtresse est chargée de faire
respecter la Tradition: au quotidien, la Tradition est dite païenne,
elle suit donc la roue de l'année et des saisons. Chaque saison
a ses appartenances et est assimilée à un aspect de
la déesse avalonienne.
Il y a cinq déesses majeures dans le cycle des saisons: Cerridwen,
Blodeuwedd, Rhiannon, Branwen et Arianrhod. Toutes sont mentionnées
dans le Mabinogi, qui est un texte de référence pour
les étudiants de la Tradition avalonienne. Une prêtresse
est avant tout une femme pure et dévouée au culte de
sa déesse. Elle a des connaissances dans les différents
domaines de la magie et de la sorcellerie, sans toutefois en faire
un usage exclusif. Elle veille au respect de la tradition, à
la bonne marche du Temple.
Et je finirai en ajoutant qu'en ces murs ancestraux dorment des héros
qui, un jour, se réveilleront pour venir nous faire rêver
de nouveau. En attendant ce jour, les prêtresses d'Avalon veillent
sur leur repos.
Voilà, ma chère Chloé, j'espère avoir
assouvi votre curiosité.
Bien à vous,
Viviane la Fée
Chère Viviane,
Je vous remercie pour toutes vos réponses et la description
dont elles sont pourvues. J'aurais deux autres questions à
vous poser: où peut-on se procurer le Mabinogi? Comment peut-on
devenir prêtresse de la Grande Déesse?
Bien à vous,
Chloé
Chère Chloé,
Je viens de farfouiller dans ma bibliothèque et j'ai trouvé
quelques éléments de réponse à vos questions.
Hélas, je crains que ces réponses ne vous déçoivent.
Le Mabinogi est en fait un recueil de quatre textes médiévaux:
les Mabinogion ou les Quatre Branches du Mabinogi (Pedair cainc y
mabinogi, en gallois) sont quatre textes médiévaux (des
chwedl ou cyfarwyddyd, mots qui signifient contes), écrits
en moyen gallois (langue en vigueur du XIIe siècle au XVIe
siècle), qui font référence à la mythologie
celtique de l'Antiquité. Traditionnellement, s'y ajoutent d'autres
contes relevant de la légende arthurienne.
Le mot Mabinogion est le pluriel de Mabinogi. Diverses explications
sur le sens du mot ont été avancées, mais il
vient vraisemblablement du dieu Mabon (Maponos en Gaule) qui figure
dans le conte Kulhwch et Olwen, et qui fait partie de la même
collection. Les quatre récits s'intitulent : Pwyll, prince
de Dyved, Le Mabinogi de Branwen, Manawydan fils de Llyr et Math fils
de Mathonwy. Les Mabinogion ont été élaborés
à partir de deux manuscrits, le Livre Blanc de Rhydderch dont
la rédaction s'étale de 1380 à 1410, et le Livre
Rouge de Hergest qui est daté approximativement de 1350. Rappelons
que dans le monde celtique, la poésie était la spécialité
des bardes. Les thèmes développés se retrouvent
dans la tradition irlandaise, ce qui atteste de leur antiquité.
On peut citer, à titre d'exemple, les rapports du druide (ou
magicien) et du roi, les obligations de la Souveraineté, l'Autre
Monde (le Sidh des Tuatha Dé Danann, en Irlande), la guerre,
la pratique des fonctions artisanales. C'est l'illustration de l'idéologie
trifonctionnelle des Indo-européens, telle qu'elle a été
exposée par Georges Dumézil. Tout comme pour les textes
mythologiques irlandais, un vernis chrétien se superpose parfois
aux récits.
Dans la vague de celtomanie du XIXe siècle, une première
publication expurgée en anglais a été faite par
Lady Guest entre 1838 et 1849, dont certaines parties ont été
traduites en français par Théodore Hersart de la Villemarqué,
mais c'est Joseph Loth qui va établir la première édition
française intégrale.
La rédaction tardive indique une longue tradition orale, ces
mythes se sont transmis de génération en génération,
à travers les siècles; de ce fait, il n'est pas possible
d'en préciser l'origine.
Vous voyez donc qu'il va vous être très difficile de
vous les procurer. J'ignore où ils sont actuellement exposés,
sans doute dans ces drôles d'endroits que vous nommez «les
musées».
Quant à votre deuxième question, je ne peux pas y répondre
précisément. Je ne peux que vous conseiller d'aller
voir Morgane, elle seule pourra vous donner tous les renseignements
que vous désirez, étant elle-même Grande Prêtresse
d'Avalon...
Bien à vous,
Viviane la Fée
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