Retour en page d'accueil Dialogus

   

poupoune89+free.fr
écrit à

   


Viviane

     
   

Les prêtresses

   

Chère Viviane,

Je voudrais savoir qui étaient les prêtresses, quelles étaient leurs tâches, leur but, leur mode de vie, etc. J'espère que vous pourrez m'éclairer.

Merci d'avance,

Chloé


Chère Chloé,

Je vais essayer de répondre à votre question, mais je ne suis pas la mieux placée pour le faire. En effet, je pense qu'il vaudrait mieux poser cette question à Morgane, qui reste la Grande Prêtresse d'Avalon. Je crois l'avoir aperçue pas très loin d'ici...

Autrefois, il y avait des écoles qui formaient les jeunes bardes et les prêtresses à connaître leurs devoirs envers les Dieux. Ces écoles étaient sur des îles éparses autour de la Bretagne et de la Petite Bretagne. Chacune d'elles avait sa propre fonction et spécialité, il y avait Mona, Sena, Skye et bien d'autres. La prêtresse est chargée de faire respecter la Tradition: au quotidien, la Tradition est dite païenne, elle suit donc la roue de l'année et des saisons. Chaque saison a ses appartenances et est assimilée à un aspect de la déesse avalonienne.

Il y a cinq déesses majeures dans le cycle des saisons: Cerridwen, Blodeuwedd, Rhiannon, Branwen et Arianrhod. Toutes sont mentionnées dans le Mabinogi, qui est un texte de référence pour les étudiants de la Tradition avalonienne. Une prêtresse est avant tout une femme pure et dévouée au culte de sa déesse. Elle a des connaissances dans les différents domaines de la magie et de la sorcellerie, sans toutefois en faire un usage exclusif. Elle veille au respect de la tradition, à la bonne marche du Temple.

Et je finirai en ajoutant qu'en ces murs ancestraux dorment des héros qui, un jour, se réveilleront pour venir nous faire rêver de nouveau. En attendant ce jour, les prêtresses d'Avalon veillent sur leur repos.

Voilà, ma chère Chloé, j'espère avoir assouvi votre curiosité.

Bien à vous,

Viviane la Fée


Chère Viviane,

Je vous remercie pour toutes vos réponses et la description dont elles sont pourvues. J'aurais deux autres questions à vous poser: où peut-on se procurer le Mabinogi? Comment peut-on devenir prêtresse de la Grande Déesse?

Bien à vous,

Chloé


Chère Chloé,

Je viens de farfouiller dans ma bibliothèque et j'ai trouvé quelques éléments de réponse à vos questions. Hélas, je crains que ces réponses ne vous déçoivent.

Le Mabinogi est en fait un recueil de quatre textes médiévaux: les Mabinogion ou les Quatre Branches du Mabinogi (Pedair cainc y mabinogi, en gallois) sont quatre textes médiévaux (des chwedl ou cyfarwyddyd, mots qui signifient contes), écrits en moyen gallois (langue en vigueur du XIIe siècle au XVIe siècle), qui font référence à la mythologie celtique de l'Antiquité. Traditionnellement, s'y ajoutent d'autres contes relevant de la légende arthurienne.

Le mot Mabinogion est le pluriel de Mabinogi. Diverses explications sur le sens du mot ont été avancées, mais il vient vraisemblablement du dieu Mabon (Maponos en Gaule) qui figure dans le conte Kulhwch et Olwen, et qui fait partie de la même collection. Les quatre récits s'intitulent : Pwyll, prince de Dyved, Le Mabinogi de Branwen, Manawydan fils de Llyr et Math fils de Mathonwy. Les Mabinogion ont été élaborés à partir de deux manuscrits, le Livre Blanc de Rhydderch dont la rédaction s'étale de 1380 à 1410, et le Livre Rouge de Hergest qui est daté approximativement de 1350. Rappelons que dans le monde celtique, la poésie était la spécialité des bardes. Les thèmes développés se retrouvent dans la tradition irlandaise, ce qui atteste de leur antiquité. On peut citer, à titre d'exemple, les rapports du druide (ou magicien) et du roi, les obligations de la Souveraineté, l'Autre Monde (le Sidh des Tuatha Dé Danann, en Irlande), la guerre, la pratique des fonctions artisanales. C'est l'illustration de l'idéologie trifonctionnelle des Indo-européens, telle qu'elle a été exposée par Georges Dumézil. Tout comme pour les textes mythologiques irlandais, un vernis chrétien se superpose parfois aux récits.

Dans la vague de celtomanie du XIXe siècle, une première publication expurgée en anglais a été faite par Lady Guest entre 1838 et 1849, dont certaines parties ont été traduites en français par Théodore Hersart de la Villemarqué, mais c'est Joseph Loth qui va établir la première édition française intégrale.

La rédaction tardive indique une longue tradition orale, ces mythes se sont transmis de génération en génération, à travers les siècles; de ce fait, il n'est pas possible d'en préciser l'origine.

Vous voyez donc qu'il va vous être très difficile de vous les procurer. J'ignore où ils sont actuellement exposés, sans doute dans ces drôles d'endroits que vous nommez «les musées».

Quant à votre deuxième question, je ne peux pas y répondre précisément. Je ne peux que vous conseiller d'aller voir Morgane, elle seule pourra vous donner tous les renseignements que vous désirez, étant elle-même Grande Prêtresse d'Avalon...

Bien à vous,

Viviane la Fée