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Vivie
écrit à

   


Viviane

     
   

Fée protectrice

    Bonjour Petite Fée,

Je suis très heureuse de pouvoir enfin communiquer avec toi.

Je voudrais savoir si nous les humains nous avons chacun notre fée protectrice ou bien êtes-vous chacune «spécialisée», je veux dire: santé, travail, amour, argent etc.?

Lorsque je prie, je m'adresse à ma fée protectrice mais je ne sais pas son nom.

Je vis actuellement des moments très difficiles.

Et je sollicite ma fée, mon ange gardien et toutes les puissances divines de me venir en aide.

Je suis tant désespérée.

Bien respectueusement.

Vivie.



Bonsoir Vivie,

Nous ne sommes pas spécialisées, enfin je vais surtout parler pour moi, là, je ne suis donc pas spécialisée, j'interviens au gré de mes rencontres, j'essaie d'apporter un peu de soutien, de redonner un peu de joie quand il le faut, mais mon expérience m'a plusieurs fois démontré que chaque homme a tout en lui pour réussir et garder le moral, même si les épreuves sont parfois très difficiles à surmonter...

Il faut réussir à conserver quelque part au fond de son âme un petit coin pour y entretenir cette petite flamme de joie qui n'aura pas besoin de beaucoup de bois pour donner un grand feu. Je sais, c'est facile à dire quand on n'est que le témoin, mais j'ai rencontré beaucoup de gens dans la peine et la plupart s'en sont sortis grâce à la force morale, la joie et la bonne humeur...

Je te souhaite donc beaucoup de courage et de force et ne perds jamais le moral... Et puis, tu peux m'écrire, je te répondrai toujours...

Viviane la Fée



Bonjour Viviane,

Merci beaucoup pour ton courrier. Ça m'a fait beaucoup de bien!

Ma situation est en train de s'arranger. C'est long mais dans deux mois tout devrait être rentré dans l'ordre. Du coup, le moral va un peu mieux.

Je voudrais te parler un peu de moi si tu veux bien. J'ai quarante-cinq ans, j'ai été mariée vingt-deux ans, j'ai aimé mon mari, nous avons eu deux filles qui ont maintenant vingt-quatre et vingt ans. Nous avons partagé des moments innoubliables. Les meilleurs: la naissance de nos filles; les pires: le décès de mes parents et de son papa. Maman est décédée d'un cancer du sein à cinquante-sept ans peu avant mes trente ans. J'ai reporté tout l'amour que j'avais pour elle sur mon papa. Et entre nous s'est installée une relation fusionnelle. Et en mars 97, six ans jour pour jour après le décès de maman, il est décédé d'un façon très violente: il a fait une hémorragie digestive. Et là ma vie s'est écroulée. Et j'ai été très mal: perte de quinze kilos, hospitalisation... Et puis, j'ai remis mon couple en question, je voulais quitter mon mari. Je ne l'aimais plus. Je n'ai pas pu le quitter, il était violent (pas physiquement) et me faisait peur. Mes filles avaient seize et douze ans. Je suis donc restée avec lui. Mais rien n'était plus comme avant.

Et puis fin 2003, j'ai refait une dépression, re-perte de poids importante, manque cruel de sommeil, idées suicidaires. Je fus donc suivie en psychiatrie mais refusai l'hospitalisation. Début 2004 je n'en pouvais plus et je pris la décision de le quitter. De plus depuis quelques temps il était devenu extrêmement violent (pas physiquement) et criait tout le temps. Nous faisions chambre à part depuis plus d'un an. Nous avons décidé de vendre notre maison, une très belle ferme que nous avions rénovée. Mais pas de divorce. Jusqu'au jour, en rentrant du travail, il a disjoncté, s'est jeté sur moi (je pesais quarante-quatre kilos et lui, cent-dix) et j'ai cru que ma dernière heure était arrivée! Le lendemain, j'ai pris rendez vous chez un avocat. Il a bien voulu un divorce à l'amiable mais a pris 75% de la vente de la maison. Ça m'était égal: je lui aurais même tout laissé pour me libérer! J'ai quitté la maison le 1er août 2004 pour emménager dans un petit deux-pièces glauque. Il m'appelait souvent et venait me voir en pleurant et en me disant qu'il maimait. À la première conciliation, il a clashé et j'ai cru que la juge allait le mettre en H.O. Du coup elle a prononcé le divorce sur-le-champ. Ce fut terrible, il hurlait dans le tribunal et moi j'étais éffondrée de le voir dans cet état.

Six mois après notre séparation, j'ai rencontré quelqu'un. Je suis heureuse avec lui mais mon passé me rattrape. Je sais qu"il ne faut pas vivre avec son passé. C'est dur, Viviane. Jamais une seule fois je n'ai regretté de l'avoir quitté. Ce que je regrette ce sont tous les bons moments que nous avons eus. De plus je m'entendais vraiment bien avec sa famille. Le deuil est difficile. Je fais beaucoup de cauchemars qui me perturbent.

J'ai encore plein de choses à te dire. Je t'écrirai à nouveau, ça me fait du bien.

À bientôt de te lire.

Vivie Lafeuille



Bonsoir Vivie,

Effectivement, je constate que tu as traversé de terribles épreuves et je pense que tu es une femme très courageuse pour avoir réussi à surmonter tout cela. Avec le temps et l'amour de tes proches tu t'en sortiras, c'est tout le mal qu'on peut te souhaiter...

Maintenant il faut que tu positives et que tu tires des leçons de tout cela, même si c'est compliqué et douloureux. Les sentiments sont des entités impossibles à dompter et très difficiles à comprendre, souvent conduits par l'instinct... Toi seule peux comprendre et choisir ta voie en fonction de ton vécu et de ce que tu ressens...

Je suis de tout coeur avec toi.

Viviane la Fée