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Alexandre
écrit à

   


Viviane

     
   

Créatures fantastiques

    Chère Viviane,

Je vous envoie une nouvelle missive pour vous poser une question, peut-être toquée, qui me turlupine concernant les créatures fantastiques.

Voilà, je me demande pourquoi dans l'esprit de beaucoup de personnes, une bonne partie des races de créatures féeriques sont unisexuées.

Par exemple, il est rare de parler de centauresses, de femmes leprechauns et de faunesses (même si j'avoue qu'une femme avec des pieds de boucs, cela ne fait pas très féminin).

De même qu'on ne parle presque jamais des tritons, les mâles des sirènes. Je pense que certains disent qu'un homme avec une queue de poisson, c'est ridicule. Or, je ne vois pas pourquoi ce serait plus ridicule qu'une femme-poisson. Je pense au contraire que cela doit être aussi beau.

Selon vous, pourquoi ces créatures femelles ou mâles sont-elles ignorées au profit de leurs congénères?

Et aussi, sur un forum où je vais, deux personnes hésitent entre le nom d'hommes-hirondelles et d'hommes-moineaux pour désigner les fées mâles. Quel est le vrai nom?

On vous a parlé de l'Histoire sans fin et vous semblez connaître le sorcier Harry Potter. Aussi, si l'on me permet de poser cette question, je voudrais savoir si vous connaissez les histoires du conteur japonais Hayao Miyazaki comme Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant ou Mon Voisin Totoro. Sinon, ce sera avec plaisir que je vous donnerai un résumé pour chacun.

Bien à vous gente fée,

Alexandre, quinze ans.



Bonjour Alexandre,

Votre question est très pertinente, mais je ne sais pas si je suis en mesure moi-même d'y répondre. Dans le même registre que celui que vous évoquez, on parle aussi de goules, de harpies, toutes féminines, mais la vampire ne s'emploie pas souvent, le masculin l'emportant sur le féminin. La réponse réside sûrement dans l'imagination des écrivains qui créent ces monstres et autres créatures pour «égayer» leurs récits fantastiques.

Je connais les histoires du conteur japonais Hayao Miyazaki. J'ai admiré «Princesse Mononoké», «Le Voyage de Chihiro», mais je ne connais ni «Le Château Ambulant», ni «Mon Voisin Totoro». Hayao Miyazaki est un auteur très fécond et très intéressant.

Êtes-vous, comme beaucoup de gens de votre âge, passionné par ces récits que l'on appelle «des mangas»? En avez-vous lu certains?

Viviane la Fée



Chère Viviane,

Je vous remercie de vos réponses et suis heureux de savoir que vous connaissez ces magnifiques histoires. Je vous promets que si vous voyez les deux autres films non vus, vous ne pourrez pas être déçue, surtout si vous avez gardé une âme d'enfant. D'ailleurs, cela me pousse à vous poser une question.

Pensez-vous que, comme Dame Eboshi (un des personnages de fiction que j'admire le plus pour son charisme et sa grandeur d'âme), l'Homme a autant de douceur que de noirceur dans son coeur? J'aime y croire. La vie est beaucoup plus passionnante et intéressante lorsqu'il n'y a pas de véritables gentils ni de véritables méchants.

Pour répondre à votre question, j'ai une très mince connaissance des mangas et des dessins animés, se centralisant surtout sur Yu-Gi-Oh pour les mangas et les histoires d'Hayao Miyazaki pour les dessins animés. Le Japon a l'air d'un magnifique pays et je trouve que le japonais est une langue superbe.

J'aimerais beaucoup être écrivain, aussi ai-je commencé à écrire un livre. Avez-vous des conseils pour que je m'améliore? Et si vous voulez, je vous donnerai un petit aperçu de ce que contient mon livre.

Bien à vous,

Alexandre



Bonjour Alexandre,

Tu as raison de croire que l'Homme a autant de douceur que de noirceur dans son coeur. Rien n'est tangible, tout est histoire de circonstances et d'équilibre. Il y a du bon dans chacun de nous, même si parfois cette bonté est difficile à percevoir. Il faut y croire, tu es sur la bonne voie, ça te permettra de grandir en étant quelqu'un de bien.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Tu vas sans doute te dire que je suis une fée très âgée qui parle de son expérience et qui radote le soir au coin du feu. Peut-être.

Tu écris un livre ? Je veux bien, si ce n'est pas trop indiscret, savoir de quoi ça parle. C'est quelque chose de pas facile, mais c'est sans doute très enrichissant !

Viviane la Fée



Chère Viviane,

Grand merci pour vos réponses. Je vous rassure, vous ne radotez pas quand vous parlez de l'âme humaine.

Voici un résumé de mon histoire. Je compte écrire d'autres histoires se passant dans le même univers avec à peu prés les mêmes personnages: il existe un monde épique et fantastique d'où surgissent les légendes mêmes les plus inconnues. Ce monde s'appelle la Terre du Souffle du Dragon. Dans la région de Mirlevon, dans la cité de Var-Alavas, où règne l'intendant du royaume de Mirlevon Garodin II, vit Valphor Scalotho, un jeune homme rêveur de dix-sept ans, passionné par les livres. Ses parents tiennent une taverne tandis que son oncle Marcucius est le magicien de la cour de Garodin II. Valphor connaît quelques règles en magie et c'est lors d'un de ses cours avec son oncle qu'il se voit proposer de devenir archiviste de Var-Alavas. Un archiviste est un personnage important dans la région de Mirlevon car il détient dans des parchemins l'Histoire et les légendes de la Terre du Souffle du Dragon. A son arrivée au château, il se lie d'amitié avec le chevalier Jehan, rêvant de sa première bataille et de Philomène, dame de la cour et fille de Nectarion, lui aussi magicien de Var-Alavas. Il fait entre autre la connaissance d'Ayliric et d'Aliènoëlle, les neveux de Garodin II, deux êtres complexes partagés entre folie et raison, entre douleur et douceur... Un jour même, Ayliric tenta de tuer Jehan, qui est pourtant son ami d'enfance. Mais voici réellement l'histoire. Mirlevon est en guerre avec la région nordique Durvoggar, gouverné par le roi Fonrir, dont l'héritier est son fils Sönnerval, qui a perdu sa mère, tuée par un seigneur mirlevonien. Un jour, alors que Valphor et Marcucius étaient en dehors de la cité pour un cours de magie sur les plantes, Valphor est capturé par un raid de Durvoggar et emmené au roi Fonrir. A son étonnement, Fonrir est présenté comme un roi sage qui accueille le jeune homme avec bonté car il voit bien que Valphor ne connaît rien à l'art de la guerre. Ce qui n'est pas de l'avis de Sönnerval, qui a même proposé de tuer Valphor. Deux semaines après sa capture, Valphor est relâché avec un cheval. Heureux de retrouver sa famille et ses amis, son bonheur se ternit quand il apprend alors qu'une grande bataille aura lieu, afin de mettre fin aux massacres de villages de Mirlevon et de Durvoggar. Sachant cette guerre inutile, Valphor souhaitera mettre fin aux conflits. Mais peut-on écouter un jeune homme sans expérience de la guerre ?

Qu'en pensez-vous ?

Bien à vous,

Alexandre.



Je viens de lire et de relire cette ébauche d'histoire et je dois avouer que cela m'intéresse vivement. Au cours de ma première lecture, je dois avouer avoir été déroutée par tous les noms qui apparaissent au fil de votre plume mais l'ensemble se tient et semble solide. La trame est faite, il ne vous reste plus qu'à imaginer les évènements, les rattacher entre eux, introduire peut-être une ébauche d'amour naissant entre Valphor et Philomène, imaginer ces deux coeurs déchirés par les atrocités guerrières et vous aurez sous votre plume tout ce qu'il faut pour écrire une belle histoire...

Viviane la Fée