Alexandre
écrit à

   


Victoria R.I.

     
   

Votre Majesté Impériale et Royale

    Votre Majesté impériale et royale et très chère aïeule,

Vous qui avez été si heureusement prénommée Victoria, prénom qui signifie Victoire... Victorieuse, vous l'avez été, à tel point qu'en Angleterre l'on ne parle pratiquement que de vous, encore aujourd'hui !

Je descends de vous et de votre mari par le Roi George V votre petit-fils, ainsi que par son cousin, votre autre descendant le Kaiser (empereur) Guillaume II d'Allemagne. Une question me brûle les lèvres: vous entendiez-vous bien avec eux et leurs parents?

À très bientôt Votre Majesté

Je vous embrasse,

Alexandre

Monsieur,

Nous avons le bonheur de posséder une très grande descendance et sommes ravie que vous en soyez.

Il n'était pas nécessaire d'ajouter que vous descendiez de nous et de notre très cher et tendre époux feu le prince consort car tous les descendants de notre personne ne descendent aussi que de notre dit époux.

Nous avons avec nos enfants des relations affectueuses mais remplies de rappels aux devoirs qui sont ceux des souverains et de ceux appelés à le devenir. Les trônes ne tiennent qu'à un fil et ce fil peut se rompre en tout temps. Demandez-le à feu sa majesté l'empereur Napoléon III!

Nos petits-enfants sont près de notre coeur. Georgie d'York est un ange, très sérieux, et qui a accepté d'épouser la jeune fille destinée à son frère aîné après que ce dernier ne succombe à la maladie. Quel bel exemple pour nos peuples!

Frederick William Albert Victor de Prusse nous semble quelque peu agité. Puisse Dieu Tout-Puissant l'empêcher de commettre quelque gaffe irrémédiable!

Veuillez croire, Monsieur, en notre mansuétude entière.

Victoria R.I.

Mille fois merci, Votre Majesté, d'avoir pris le temps de me répondre, et surtout aussi rapidement!
 
J'espère que vous vous portez bien ce jour d'hui?
 
Hélàs, que de lucidité vous avez fait preuve au sujet de votre petit-fils Frédéric Wilhelm! Après avoir accédé au trône impérial allemand sous le nom de Guillaume II, il se montra un souverain infiniment belliqueux, et -ce qui est peut-être pire- il reniera ses racines anglaises en faisant preuve d'une grande hostilité envers votre royaume. Il sera même l'un des tragiques acteurs du premier conflit mondial: allié à l'Autriche-Hongrie, il portera même les armes contre la France, l'Angleterre, et la Russie. En revanche vos fils Edouard VII, et votre fils George V, se montreront particulièrement dignes de leurs charges!
 
Actuellement, c'est votre arrière-petite-fille, Élisabeth II, qui gouverne. C'est une grande reine, même si elle n'a pas votre prestige!
 
Vous entendez-vous bien avec votre bru Alexandra de Danemark, épouse d'Edouard VII? L'on dit que vous adorez votre mari et réciproquement; est-ce véridique? Si tel est le cas, la raison d'état pour une fois aurait visé juste!
 
En ce qui concerne Napoléon III, il faut reconnaître qu'il ne vous arrivait point à la cheville: c'était un rêveur, un rêveur dangereux, qui espérait acquérir la gloire de son oncle! Seulement il était très loin de posséder son génie. Il a déclaré des guerres, perdu quantité de soldats inutilement (rappelez-vous l'affaire ridicule du Mexique qui était également tragique: l'éphémère empereur Maximillien y perdra sa vie, et sa femme sa raison)! Il ne possédait pas les capacités de votre auguste personne, car il était trop faible, tout comme son père Louis, l'ex-roi de Hollande; il était incapable de faire face à l'hégémonie de la Prusse, tandis que votre règne était auréolé de gloire!
 
Passez une agréable journée, Votre Majesté,
 
Alexandre

Monsieur,

Sa Majesté la Reine-Impératrice m'a demandé d'accuser bonne réception de votre dernier envoi pour lequel elle vous remercie. Sa Majesté part incessamment pour Balmoral prendre quelques jours de repos.

Bien à vous,

The Lady Prudence Commytt-Naught

Dame d'atours