Correspondant anonyme
écrit à

   


Victoria R.I.

     
   

Votre droit au trône

    Grande Victoria,

J’ai lu beaucoup de chose sur votre vie et tout ce que vous avez accompli. Dernièrement j'ai lu dans un magazine très sérieux quelque chose qui m'a interpellé: selon ce magazine, un doute serait mis sur l'authenticité de votre droit au trône: votre maman aurait désespéré de l'arrivée d'un enfant légitime (avec votre père) qui accèderait au trône et son précieux confident, dont vous n'ignorez pas le nom, serait très probablement votre père! Par ce fait, c'est une descendance allemande personnalisée par vous qui règne jusqu'à ce jour.

Loin de moi l'idée de vous choquer car mon admiration pour vous est immense.

Monsieur,

J'ai intercepté votre lettre avant qu'elle fût brûlée, comme le sont toutes celles qui offensent ou pourraient offenser Sa Majesté.

Puisque vous affirmez admirer immensément Sa Majesté, je me permets de m'étonner que vous osiez Lui demander si Elle est bâtarde.

Sans doute la prolifération de l'instruction et de sa si fâcheuse conséquence, la capacité de lire, à cause de laquelle est venue la presse à sensation, explique-t-elle ces ragots infâmes.

Puisse la science ne jamais permettre qu'on viole l'intimité parentale et remettre en question ce que la loi affirme si sagement: le père est le mari de la mère, that is it, that is all.

Sir Rupert Drooling-Whynne

Premier gentilhomme de la petite Maison de S.M. la Reine