| Maria | ||
| Votre arrière-petite-fille | ||
| Maria N. Romanova My dear grandmama! Je suis la fille de votre Alix. Vous que je n'ai jamais connue, j'aurais tant aimé pouvoir le faire! D'après Mama, vous étiez une femme extraordinaire. J'ai tant de questions à vous poser. Seriez-vous disposée à me répondre? Dieu vous bénisse, Maria. Chère Maria, Ton arrière-grand-mère ne demande pas mieux que de tenter de répondre aux questions que tu aurais pour elle. Ta maman Alix, et ta grand-maman Alice, ont su bien t'élever, mais de là à me décrire comme une femme extraordinaire est peut-être un peu fort, bien que le compliment me touche. Tente de ne pas t'immiscer dans la politique, de te trouver un bon mari comme le fut le mien, mon Albert adoré, et de bien élever tes enfants. Ta grandmama, V.R.I. My dear great-grandmama! Sachez que je n'ai pas l'intention de m'immiscer en politique et que l'un de mes plus grands rêves est de me trouver un bon mari et d'avoir beaucoup d'enfants. Je me demandais comment était ma mère étant enfant. Elle n'était sûrement pas aussi sérieuse qu'aujourd'hui... Je me demandais aussi comment vous étiez jeune fille, à mon âge. Avez-vous rencontré ma grande sœur Olga lorsqu'elle était bébé? Qu'aimez-vous faire de vos journées? Au plaisir de mieux vous connaître, Votre Maria. Ma chère enfant, Je veux bien prendre quelques minutes du temps que je consacre à l'immense Empire que Dieu a bien voulu me confier pour tenter de répondre à tes questions. Ta mère était comme beaucoup de petites filles, capable de sérieux et de moins sérieux, comme je le fus moi-même, sans doute. On est toujours mauvais juge de soi-même et de ses proches, alors je n'insisterai pas. Ta grande sœur est née en 1895, donc presque hier. Je suis sa marraine. Est-ce mon grand âge, mais je ne me souviens pas si j'étais là à son baptême. J'ai beaucoup de descendants, tu sais. Comme tous les enfants, je voulais grandir et connaître la vie, mais très tôt j'ai compris que ma vie ne serait pas ordinaire car j'étais l'héritière présomptive du Royaume, qui était un Empire, mais dont le souverain n'était pas encore désigné comme Empereur. Il faudrait attendre que ce bon monsieur Disraeli propose que je devienne Impératrice des Indes pour ça. Bon, je dois maintenant retourner aux affaires de l'État, qui sont un peu les miennes. Si feu le roi Louis XIV a pu dire: «l'État c'est moi», je préfère dire: «les devoirs envers l'État sont ma charge». N'oublie jamais cela, ma tendre enfant, quels que soient les fardeaux que la Divine Providence voudra bien te confier. Ta bien affectionnée, Victoria R.I. |
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