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Votre Majesté,
Tout d'abord, permettez-moi de vous remercier pour l'attention et les
réponses que vous avez apportées à ma
première lettre. J'espère ne pas vous importuner en vous
écrivant à nouveau.
J'aimerais savoir si, parmi vos neuf enfants, vous vous entendez mieux
avec certains d'entre eux, qui ont des points communs avec vous (sans
parler de préférence). Qu'avez-vous ressenti lorsque vos
filles vous ont quittée pour se marier? Êtes-vous
fière qu'elles fassent une union prestigieuse, ou
êtes-vous partagée entre la fierté et le
déchirement de les voir s'éloigner?
Pouvez-vous m'expliquer le scandale de Cleveland Street, qui toucha
votre défunt petit-fils, le prince Albert Victor? Est-il exact
que ce prince était atteint d'une maladie mentale ?
Je vous remercie d'avance, votre Majesté, pour les
réponses que vous voudrez bien me donner.
Florence
Chère Florence,
Pour vous répondre, chacun de mes enfants a une
personnalité différente, et je n'ai pas de
préférence. Néanmoins, il y a eu quelques moments
difficiles avec mon aîné, car nous avons des divergences
d'opinions au sujet de son futur règne. Celles-ci sont toujours
d'actualité, et cela me travaille beaucoup. J'espère que
Bertie saura se montrer à la hauteur de la tâche qui lui
incombera à mon décès.
Je suis restée très proche de Béatrice, qui a
malheureusement perdu son époux il y a quatre ans. À la
suite de ce drame, ma dernière-née est revenue vivre
à mes côtés, et cela nous a rapprochées.
Quant aux mariages de mes filles, je suis fière de leur avoir
trouvé de bons partis. Cependant, le départ de chacune
d'entre elles nous causa, à Albert et à moi, un vif
chagrin. Mais une princesse ne s'appartient pas, et nous étions
préparés au départ de nos filles, une fois
qu'elles seraient en âge de convoler.
Mon petit-fils, le duc de Clarence et Avondale, fut victime de
nombreuses rumeurs non fondées, dont celle de Cleveland Street.
Il décéda le quatorze janvier 1892 d'une pneumonie. Il ne
souffrait d'aucun trouble mental; ce n'est là qu'une
allégation destinée à ternir son image, ainsi que
celle de ma famille.
Je vous donne le bonjour.
Victoria R.I.
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