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Mickaël 
écrit à
Boris Vian
Boris Vian

Rédaction de «L'Écume des jours»


   

Lors de votre rédaction, avez-vous tout écrit d'une traite, sans réfléchir, en laissant les mots vous déborder?

Quelles sont les choses qui vous apaisent? Comment faites-vous lorsque vous vous sentez mal dans votre peau?


Bonjour,

Je vous prie d'excuser mon long retard à vous répondre. J'ai de gros problèmes de santé depuis trois ans et des œdèmes pulmonaires à répétition. Je ne suis pas sûr de vivre longtemps d'ailleurs!

D'après le titre de votre lettre, je suppose que votre première question concerne «L'Écume des jours». Bien sûr que je réfléchis toujours avant d'écrire! Je rature, je brouillonne, je me relis, comme tout le monde! Je ne sais pas pourquoi j'ai cette réputation de facilité, ça m'énerve! Vous savez, ça fait vingt ans que j'apprends à écrire. Ça n'est pas de la facilité, c'est du travail!

Le jazz est pour moi le plus souverain des remèdes. Ma femme aussi, l'amour en général, d'ailleurs! Mais c'est toujours avec le jazz que j'ai pu me réconcilier avec la vie dans les moments difficiles. Même dans mon jeune temps, quand je me sentais engoncé dans ma grande carcasse. Quand je déprime, quand j'ai mal ou que je me sens parfois partir.

J'espère avoir répondu à vos questions.

Bien à vous,

Boris Vian

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