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Véronique
écrit à
Boris Vian
Boris Vian

Pierre Perret


    Bonjour Boris,

Nous sommes professeurs de français et nous avons découvert, au cours de recherches en classe, que c'était vous qui aviez découvert Pierre Perret. Quid? Et était-il vraiment marrant?

Merci d'avance.

Bonjour,

Tiens, tiens, Pierre Perret semble être (re)connu à votre époque. C'est une nouvelle qui me réjouit: il est parti en sanatorium l'année dernière je crois, et n'a pas eu le temps de faire ses preuves auprès d'un large public.

Au risque de vous décevoir, je ne crois pas l'avoir «découvert». D'abord, parce que monsieur Perret n'est pas une bête amphore, ni même une hydre du temple d'Apollon, tout de même! ensuite, parce qu'il est l'ami de Brassens et avait réussi à apprivoiser Léotaud -il fallait le faire! Il me semble même que Brassens en personne ait réussi à faire entrer ce petit gars aux Trois-Baudets, une salle de spectacles appartenant à mon patron de chez Philips, Jacques Canetti. Au départ il se contentait de gratter sa guitare comme musicien accompagnateur mais un soir il s'est mis à chanter «Rosette» et surtout, «Moi, j'attends Adèle». Il se trouve que j'étais là... Je l'ai donc encouragé à continuer à écrire et à chanter ses propres chansons. C'est tout. Je n'ai pas eu besoin d'un faire plus: il se trouve qu'Émile Hebey, un agent artistique, était présent aussi. Il a tellement apprécié la prestation de Perret qu'il l'a immédiatement présenté à Eddie Barclay.

Voilà. Maintenant, vous dire s'il est marrant, je ne l'ai pas connu suffisamment pour ça. J'ai eu l'impression d'avoir affaire à un type timide et extrêmement gentil. Il n'a d'ailleurs pour ainsi dire pas ouvert la bouche.

Amicalement,

Boris Vian
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