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Clément
écrit à
Boris Vian
Boris Vian

Pédérastie


   

Très cher Boris,


Complètement épris de vos écrits dont je suis maintenant érudit, il y a toujours quelque chose qui me tarabuste, une chose qui me rend très fruste: on trouve dans la plupart de vos ouvrages des clins d'œil à l'homosexualité (les frère pédérastes dans «L'écume des jours», la volonté de Lil et Folavril de se trouver un pédéraste à la fin de «L'herbe rouge», et évidemment Amadis Dudu dans «L'automne à Pékin»). Quel message souhaitez vous faire passer par l'intermédiaire de ces personnages, à une époque, où, je le conçois, la chose est encore assez taboue?

Pas moyen de trouver quelque chose sur le sujet par l'intermédiaire du génial outil nommé Internet qui existe aujourd'hui. Je suis juste curieux.


Merci d'avance. Avec mon profond respect,

Clément


Cher Clément,


Tout d'abord, je tiens à m'excuser du retard pris à vous répondre, essentiellement dû à une récente et nouvelle crise d'œdème pulmonaire, ce que vous savez je suppose si vous me connaissez...

Quelle époque que la vôtre, où les messages vont à la vitesse de l'éclair et où l'on me lit... Mieux encore, on semble y apprécier ce que j'écris! Je tombe des nues à chaque nouvelle lettre.

C'est vrai qu'en y réfléchissant, j'ai pas mal parlé de pédérastie dans mes romans. C'est pas un de mes thèmes de prédilection, mais enfin, je dois avouer... Bon, c'est vrai que ça me paraît toujours un phénomène étrange à moi, qui apprécie tant les femmes, et je me demande parfois pourquoi et surtout comment un type peut être intéressé par un gros poilu à moustaches alors que les jolies filles courent les rues! Maintenant, objectivement, est-ce que vous pensez que c'est quelque chose de si important? C'est tellement plus facile de zigouiller les petites différences: emmurer les femmes vivantes, trucider les gens qui ne pensent pas comme vous ou qui n'ont pas la même religion ou la même sexualité, par exemple... Du moment que personne ne souffre de la situation, moi, personnellement, la vie privée de chacun, je m'en tamponne le coquillard avec une patte d'éléphant!

Ai-je bien répondu à votre question?

Amicalement,

Boris Vian


Trés cher Baurice,

Votre message me convient pas mal. Je vous remercie, et si vous avez l'occase, remerciez de ma part l'équipe de Dialogus, qui vous a transmis mes messages!


Amis calmants (normal, en 2010, que puis-je en somme n'y faire? Bon ok, je suis loin de votre niveau!),

Clément


Merci de votre Clémence pour ma réponse!

Boris Vian

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