Merieje Riellet
écrit à

Boris Vian
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Le 10 avril 2006, Bonjour monsieur Vian, Je vous écris seulement pour vous féliciter de votre talent incommensurable. J'ai lu votre excellent L'écume des jours pour un cours de littérature au Cégep, et laissez-moi vous dire que j'ai eu honte de moi. Honte de ne pas avoir lu ce roman plus tôt. Je trouve votre style des plus remarquables. Un humour génial dans des situations particulièrement dramatiques ainsi que des critiques sévères de la société à travers des événements totalement loufoques. Suite à ma lecture, je me suis procuré d'autre romans de votre plume que je savoure en ce moment avec une joie des plus intenses. J'espère que vous écrirez d'autre bouquins dans l'avenir, parce que ici, à notre époque, vous faites plaisir à de nombreux jeunes de mon âge qui raffolent de vous. De votre dévoué admirateur, qui a presque le goût d'écouter du Duke Ellington et d'acheter tous les écrits de JeanPaul Sartre! Merieje Riellet Cher admirateur dévoué, Décidément je finirai par croire que je suis un grand écrivain, et même un
écrivain au grand pied (ce qui est absolument vrai d'ailleurs!) C'est bien
la première fois qu'on m'affirme que l'un de mes romans a donné envie à
quelqu'un de lire les autres! Je suis vraiment touché. Quant à savoir si
j'écrirai d'autres romans... Si j'avais eu connaissance de Dialogus étant
plus jeune, je pense que ça m'aurait donné envie de continuer. Mais en ce
moment... pas le courage. Je lâche. Deux oedèmes pulmonaires en trois ans... Si je remonte la pente, peut-être. Mais certains jours je n'y crois pas, et
d'ailleurs mes collaborateurs me comparent tous les jours à une endive... Et
puis, mes illusions sur mes lecteurs contemporains se sont envolées depuis
longtemps. On m'a trop souvent coupé la parole pour que j'aie envie de
m'exprimer de nouveau.
J'aurai besoin d'une initiation à votre monde moderne: qu'est-ce que le
Cégep? Apparemment une école (pour adultes, puisque vous
me dites regretter de ne pas m'avoir lu plus tôt !).
Je vous souhaite d'heureuses lectures! Amicalement,
Boris Vian |