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Les musiciens, entre leur passion et leur nombril, ont peu de place pour une petite conversation sur le divan des passions.
Mmm... Voilà une belle entrée en matière! On sent
que c'est du vécu! Vous vous affirmez, là! Kss, kss!
Si
j'ai bien compris, vous me traitez de musicien. Voilà qui me fait
extrêmement plaisir, à moi qui ai dû lever le pied depuis bien
longtemps pour finalement abandonner ma trompinette il y a trois ans!
Bon, ça c'est une chose.
Maintenant, je ne comprends pas en quoi
j'ai pu manquer de passion ou de conversation... J'ai dû manquer
quelque chose avec vous, autrefois, sans doute... Mais que diable fiche
un divan dans cette réflexion? Serait-ce en relation avec le docteur
Freud? Parce que, pour ma part, c'est simple: personnellement, lorsque
j'éprouve de la passion avec la personne à côté de qui je suis assis
sur un divan, je lui fais assez peu la conversation! Mais c'est une
question de goût, sans doute...
Boris Vian
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