Sylvianne
écrit à

Boris Vian
| Bonjour, Je viens de terminer de lire votre fabuleux livre "L'écume des jours" et j'avoue avoir été accrochée par le fait que vous dénoncez des choses, que vous abordez quelque chose de nouveau pour en faire une histoire surréaliste. Et suite à cette lecture, j'aimerais savoir quels sont tous les défauts de la société que vous avez essayé de dénoncer dans le roman. Merci de me répondre. Chère Madame -ou Mademoiselle- Sylvianne, Décidément, je ne me lasse pas d'apprendre le succès de «L'Écume des jours» à votre époque. J'ai reçu par Dialogus plus de témoignages d'intérêt pour ce roman que tous ceux que j'ai reçus lors de sa publication en 1946! Bon! Vous n'êtes pas la première à trouver ce texte surréaliste. Il faudra que je m'y fasse! Certes, je dénonce des choses, comme vous dites, mais ce n'est pas la raison d'être principale de mes romans. Je ne suis pas un écrivain à thèse. Je n'ai aucune leçon à donner à personne. Je dis ce que j'ai à dire, c'est tout. C'est vrai que je n'aime pas l'Église en tant qu'institution, ni le travail, par exemple. Mais je n'offre aucune perspective révolutionnaire. En outre je n'ai pas envie de faire vos devoirs à votre place. Les défauts de la société que j'ai essayé de dénoncer, c'est aussi à vous de les trouver, et certainement pas à un critique, à un professeur ou à... un écrivain de vous les dicter! En tant que lectrice, vous avez un rôle à jouer, vous savez! Ne vous laissez pas dicter vos lectures ni vos choix. Amicalement, Boris Vian |