Maéna Denis-Le Quellec
écrit à

Boris Vian
| Je vous admire pour avoir créé le texte du «Déserteur», et je
comprends tout à fait votre message pour le président. Vous avez bien
fait comprendre que la guerre n'était pas une solution car les deux
patrouilles se battaient pour la même chose, la liberté. Vous avez dû
prendre énormément de temps pour répondre aux accusations de Paul
Faubert. Cette longue lettre et les arguments qui la composent sont
très significatifs pour moi, c'est exactement ce que je pense de la
guerre! À leur place, j'aurais accepté ce texte pour rappeler à la population que la guerre tue, comme vous l'aviez dit: «J'ai vu mourir mon père, j'ai vu partir mes frères et pleurer mes enfants». Je trouve que l'idée de faire une chanson du point de vue d'un soldat en utilisant la première personne du singulier redonne du réalisme à cette chanson. Je vous remercie d'avoir rappelé aux gens que la guerre n'est pas une bonne chose et pas «une bêtise», comme l'avait dit Richard Anthony. Et vous avez déclaré que vous ne vouliez pas vous battre pour les idées des autres mais pour les vôtres et pour les gens que vous aimez. Bonjour, Merci de vos compliments. Effectivement, si c'est pour défendre ceux que j'aime, je veux bien me battre tout de suite. Mais je ne vois pas ce qu'il y a de constructif à envoyer des hommes au casse-pipe pour quelque idée que ce soit. J'espère que les mesures prises actuellement en faveur de la construction de l'Europe permettront de bâtir un monde plus juste. Amicalement, Boris Vian |