Nathalie
écrit à

Boris Vian
| Cher monsieur Vian, Je suis très émue en vous écrivant ces quelques mots. C'est la même émotion qu'à la lecture de vos romans. J'ai aimé tous ceux que j'ai lus, avec une préférence pour «L'Écume des jours». On ne s'imagine jamais à quel point même la plus fine des neiges peut faire comme ravages. Colin commence-t-il à se consoler de son immense chagrin? À très vite, je l'espère, Nathalie Bonjour mademoiselle, Vos compliments me touchent beaucoup, je vous en remercie. J'en suis vraiment très ému; j'ai beaucoup donné de moi en écrivant «L'écume des jours». J'y croyais. Mais personne ne le lit à mon époque et, parmi ceux qui l'ont lu, bien peu l'apprécient... Quant au malheureux Colin, je crains fort qu'il ne se soit jamais remis de son chagrin. Vous rappelez-vous les paroles de la souris dans le dernier chapitre? Il maigrit de plus en plus et va bientôt perdre l'équilibre... Mmm... C'est à vous d'imaginer s'il va rencontrer ou non une raison de vivre au coin de la rue! Amicalement, Boris Vian |