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Patrick Vian
écrit à
Boris Vian
Boris Vian

Cher Papa


    Cher papa,

Tu me manques énormément. J'ai appris à grandir sans toi. Je me rappelle le jour où tu me portais dans tes bras et que je ressentis les poils effleurer ma douce peau cristalline. Oui, père, tu me manques depuis toujours. Je ne vis pas une seule seconde sans oublier de penser à toi. Que deviens-tu là-haut? Tu dégonfles? Moi j'ai enfin lu pour la trois centième fois tes écrits. Mais je t'en veux car tu ne m'en as dédié aucun. Dois-je aller cracher sur ta tombe? Non, car l'amour paternel que j'ai eu de toi m'en empêche. Je suis dégonflé et aveuglé.

Tu ne peux pas savoir à quel point je me suis esclaffé comme une esclaffe en lisant tes écrits issus de l'âme nègre de Vernon Sullivan. Oui, je crois que tu n'as jamais rencontré ce cher Vernon. J'ai eu la chance de naître de ton liquide. Je suis ta chair et ton sang. Un délicieux enfant d'exquise esquisse. Papa, je me suis marié, et j'ai eu un garçon que j'ai nommé Boris. Oui, je te le dédie, car il est de ta chair et de ton sang. Je lui lis les contes à l'usage des personnes âgées, ces récits le bercent et il sera secouru. Papa, pour moi tu existes toujours, probablement dans ton monde... j'espère te rejoindre là-bas. Heureusement que Dialogus me permet de t'avoir en contact. Hé quoi! permets-moi de t'envoyer une carte postale. Car après tout, je t'aime comme un salopiaud qui aime son père. J'ai su faire de ton amour paternel un agréable tourment de flammes et d'amour que je porte à mon Boris. Très cher père, croyez-le ou non mais vous me manquez: je ne mens point.

Patrick Vian, le 16 fevroût 2008

P.S. : Tu m'as appelé Patrick mais maintenant on dit Bob

Monsieur,

Mmm... Vous, mon Pat? Je crois plutôt à un canular... Et qu'est devenue ma Lala?

Boris Vian,
Heureux père
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