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écrit à

   


Vicomte de Valmont

     
   

Pour meubler votre page

    Monsieur de Valmont

Ne cherchez pas quelque intérêt à cette missive, elle n'en a pas vraiment. Je tenais juste à vous écrire. Vous devez n'y rien comprendre puisque nous ne nous connaissons ni d'Ève ni d'Adam. Je vais vous expliquer, dans les lignes qui vont suivre, le but que je me suis fixé.

Voyant que vous n’aviez reçu qu'une seule lettre, dans laquelle vous niez lamentablement votre nature profonde, et chacun sait que seul les faibles se dissimulent, j’ai décidé de vous en écrire une. C'est bien naturel, que serait votre vie sans une bonne réputation? Ainsi les prochaines personnes, plus nombreuses j'espère, qui s'arrêteront sur votre page verront qu'un minimum s'intéresse à vous.

Bien cordialement, quelqu'un qui eût pu vous admirer.
 

Monsieur Cognet,

En quels temps étranges vous semblez vivre, l'idée même d'écrire pour rien me dépasse, enfin cela est certainement dû à l'air du temps.

Et pourquoi, je vous prie, notez-vous, «quelqu'un qui eût pu vous admirer», non pas que je cherche l'admiration, honnêtement, je m'en moque, ce ne sont que calembredaines, mais j'aimerais que vous eussiez au moins l'honnêteté intellectuelle d'étayer votre visible mépris par quelques raisons que vous eussiez pu avoir.

Vous parlez de ma précédente correspondance, je n'ai fait qu'y répondre sincèrement, si cela ne vous plaît guère, je n'y peux rien, il se peut que M. de Laclos ait arrangé notre correspondance de manière à y ajouter une quelconque morale, et effectivement dans ce cas il se pourrait que vous eussiez cru que j'aurais menti avec lâcheté lors de ma dernière correspondance.

Il n'en est rien, je vous prierais donc de bien vouloir expliquer ces raisons qui vous font me mépriser.

Cordialement,

Vicomte de Valmont