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Les femmes... |
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| J'ai vu presque tous vos très beaux films. Je partage avec vous la fascination pour la beauté des femmes. Quel travail vous avez fait avec toutes ces actrices, Moreau, Deneuve, Ardant... Quels ont été vos rapports avec toutes ces femmes? Êtes-vous tombé amoureux d'elles parfois? Ou seulement de leur fatale beauté? Suivant le chemin du cinéma, je m'intéresse au regard que portent les artistes sur la femme. Je pense que le vôtre peut être très intéressant. Amicalement, Antoine Antoine, Je vous remercie de vos gentils compliments. Oui, au centre de mes films, il y a toujours les femmes, le désir pour les femmes, comme vous l'avez vu. Celles que vous citez, et bien d'autres encore, ont occupé et occupent encore une place privilégiée dans ma vie. Néanmoins, vous comprendrez que je ne détaille pas ma relation avec ces actrices, ne serait-ce que par respect pour leur intimité. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il m'est parfois difficile de faire la différence entre le cinéma et la vie. Et je crois qu'à chaque fois que j'ai filmé le visage d'une femme, j'en suis tombé un peu amoureux, comme vous l'avez bien senti. Après tout, le cinéma est affaire de désir. Par exemple, je suis persuadé que devant le plan de Fenêtre sur cour où Grace Kelly approche lentement ses lèvres de la caméra, comme si elle allait embrasser le spectateur, ce dernier ne peut que tomber instantanément sous le charme; comment voulez-vous que le metteur en scène, qui est le premier spectateur, échappe au sortilège? Demandez-donc à Hitchcock! Alors, oui, la même chose m'est arrivée. Les actrices, ces femmes dont le difficile métier consiste à susciter notre désir, je passe mon temps à les filmer, à les regarder, à en tomber amoureux… Et si j'en crois votre courrier, il vous arrive la même chose lorsque vous allez au cinéma, non? Cordialement, François Truffaut |
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