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alparis@wanadoo.fr |
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Les 400 coups? |
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| Cher François, Vous permettez que je vous appelle François? Je voulais juste vous demander si «Les 400 coups» était inspiré d'une expérience personnelle? Quoi qu'il en soit, j'ai beau n'avoir que 18 ans, j'adore ce film. Je n'en dirais pas autant des autres. Je ne vais pas dire que je vous admire et gna gna gna et gna gna gna. Je vous estime beaucoup tout simplement. Je ne vous admire pas, parce que je n'aime pas trop votre façon de faire jouer les acteurs, comme s'ils récitaient... et parce qu'un jour, vous avez dit une méchanceté sur Gérard Philipe; je ne trouve pas ça très «pro». Vous êtes évidemment un des pionniers de la nouvelle vague, mais est-ce une raison pour dénigrer le cinéma d'avant? Vous restez cependant un très grand cinéaste. Respectueusement L'inconnue Chère mademoiselle l’Inconnue, Vous avez vu juste, je peux vous avouer que le film «Les 400 coups» est en grande partie autobiographique, et que beaucoup des anecdotes qui y figurent, comme cette réplique «Ma mère est morte!» qui entraîne finalement la fugue d’Antoine, me sont personnellement arrivées. Cela dit, mon enfance a eu lieu sous l’Occupation, et je n’ai pas pu montrer tout ce qui renvoyait à cette période. Pour cela, il aurait fallu faire un film d’époque, ce qui était impossible: c’était mon premier film. Je ne sais quoi vous dire sur «...la façon de faire jouer les acteurs, comme s’ils récitaient...», n’ayant jamais consciemment cherché ce résultat. J’aime les acteurs, j’aime les personnages, j’aime les dialogues, et je travaille en fonction de l’histoire et des caractéristiques du film. On a pu accuser Jean-Pierre Léaud, par exemple, de ne pas être assez réaliste quand il jouait dans mes films; mais c’est justement son intensité, son côté romantique, si vous voulez, qui m’intéresse. Enfin, je comprends votre réaction quant à mes propos sur Gérard Philippe et sur ce «cinéma d’avant», mais vous devez comprendre à quel moment se situe la nouvelle vague. Dans les années cinquante, nous vivions dans un cinéma figé, un cinéma étouffant, sans invention et sans liberté, qui reposait sur d’énormes budgets mais qui manquait totalement de vérité. Paradoxalement, les films hollywoodiens paraissaient extrêmement libres par rapport à ce qu’on appelait alors «la tradition française», tradition qu’incarnait Gérard Philippe. À l’époque où j’écrivais des articles critiques, j’ai donc écrit des articles assez violents, car il s’agissait d’ouvrir la voie à un autre cinéma. Mais, bien sûr, ces articles peuvent paraître assez agressifs et décalés aujourd’hui. |
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