Une race! |
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| Monsieur Tolkien, Comme je vous l'ai dit dans mon dernier message, j'apprécie grandement vos écrits, mais j'avoue ne pas avoir eu encore le temps d'en lire la panoplie complète. J'aborde présentement «Légendes et contes inachevés» et j'espère bien avoir lu le Silmarillion d'ici l'été. Or, la question que je veux vous poser aurait peut-être sa réponse dans un de ces ouvrages, mais en tous les cas, la voici: Les mages de la terre du milieu constituent-ils en soi une sorte de race? Leur contexte semble assez mysterieux et j'ai l'impression, en lisant le Seigneur des anneaux, qu'ils sont et qu'ils ont toujours été depuis le début des temps, sans qu'aucun ne «joignent leurs rangs». Un humain, de la race de Boromir par exemple, pourrait-il s'initier à la science des mages? Je vous remercie d'avance pour cette question, et par la présente, d'avoir entretenu le rêve dans nos esprits. Alexandre |
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| Dear Alexandre, Toutes les réponses à tes questions sur les Istari, ou si tu préfères les «magiciens», tu les trouveras dans mon essai sur les Istari que mon fils, Christopher, a publié dans Unfinished Tales, le livre que tu es en train de lire. Tu y verras que «mage», ou «magicien» (j'ai utilisé «wizard» en anglais), n'est pas une appellation très fidèle à ce qu'ils sont. Je t'invite d'ailleurs à lire cet ouvrage qu'est The Silmarillion avant Unfinished Tales, puisque ce dernier est une sorte de complément au premier, qui est fort incohérent. Je ne saurais dire si les Istari forment une «race»; c'est un mot bien difficile à définir. Sur le plan strictement physique, les Istari ne sont certes pas une race à part. Ils sont des Hommes, car c'est la forme sous laquelle ils se sont incarnés pour venir en aide aux peuples libres en Middle-Earth. Ils éprouvent toutes les souffrances et les désirs des Hommes. Ils héritent certainement de leur défaut (Saruman se laisse tenter par le pouvoir), et peuvent mourir (comme il arrivera à Gandalf), cependant que le temps les affecte profondément moins que toi ou moi. En ce sens, ils sont un peu «elfiques». Un homme comme Boromir, si l'âge ne pesait sur son destin comme sur tous les Hommes, et s'il était moins belliqueux (comme son frère, par exemple), pourrait peut-être atteindre une certaine sagesse proche de celles des Istari. Mais ces derniers dissimulent un pouvoir qui lui est tout à fait inaccessible, même s'il avait le savoir de son père Denethor. Il n'est pas uniquement question de connaissance ou de «science», que les Istari ne possèdent pas sans fin par ailleurs; ils ne connaissent pas le futur, même s'ils s'en font une certaine idée, comme nous tous. Pour un indice sur la nature de Gandalf, lorsque tu liras les premiers chapitres dans The Silmarillion, retourne à The Lord of the Rings, dans le second volume, au chapitre The Window on the West, lorsque Faramir parle à Frodo à propos de Gandalf. Je te remercie encore pour ton intérêt envers mes oeuvres. J.R.R. Tolkien |