La profondeur de votre oeuvre |
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| Cher J.R.R Tolkien, Étant fervente admiratrice de votre oeuvre magistrale et fantastique depuis maintenant un an, je me devais de vous envoyer ce courrier. Au cours des vacances d'été 2001, une de mes petites cousines m'avait conseillé de lire votre fameuse épopée, Le Seigneur des Anneaux. Étant curieuse de nature, je me rendis à la bibliothèque, et ne trouvai là que le tome 2, Les Deux Tours. Un petit détour par une librairie me révéla l'épaisseur du livre... et j'avoue avoir renoncé à l'acheter. Puis, j'appris un jour qu'un film devait sortir pour Noël, et je me dis tout naturellement: «J'irai le voir, et si ça me plaît, j'achèterai le livre...». Si j'avais su... Le 6 janvier 2002, à 9h15 du matin, ma vie a pratiquement basculé. Les charmants petits Hobbits, leur bienheureuse Comté, les effrayants Nazgul, la sagesse et la beauté des Elfes... Je fus immédiatement sous le charme et courus acheter le livre. Et là... le rêve éveillé. L'histoire de l'Unique, la profondeur d'âme de Gandalf, la rencontre avec les elfes des bois, la pureté de Baie d'or, la magnifique histoire d'amour entre Aragorn et Arwen, les labeurs et périples de la Compagnie........ Tout simplement GRANDIOSE!! J'appris par la suite l'existence de nombreuses autres oeuvres et notamment de Bilbo le Hobbit. J'essayai de me le procurer, en vain... Et puis, par une magnifique journée, en plein coeur de l'Ardèche, pendant les vacances de Pâques, je m'arrêtai avec mes parents et ma soeur devant un stand avec de vieux livres. Ma soeur voulant s'en acheter un, nous nous mettons à fureter autour pendant qu'elle choisit. Je tourne la tête... et que vois-je? Un livre de poche, apparemment consulté précédemment mais mal remis en place... comme un fait exprès. C'était Bilbo le Hobbit. Je me mets à vénérer l'Ardèche, cette place de marché, ma petite soeur pour avoir voulu s'arrêter devant ce stand, et la vendeuse, qui devant mes parents sceptiques, se met soudain à débiter d'une traite tout ce qu'elle sait sur vous et votre oeuvre. Puis je me procure Les Contes et Légendes inachevés, Le Livre des Contes perdus, je reçois Le Silmarillion à Noël ainsi qu'une encyclopédie qui m'est bien utile pour me repérer dans un monde si complexe... et tout droit sorti de votre imagination. Et quelle imagination! Ou plutôt, quelle ambition! Passer une bonne partie de sa vie, consacrer son temps à créer une mythologie pour l'Angleterre. Bravo. Et le mot est on ne peut plus faible. Mais voilà, mes parents trouvent tout cela, et bien... «débile et dénué d'intérêt». J'essayai 100 fois de leur expliquer que, s'ils ne trouvaient pas la mythologie grecque ou nordique débile, c'était complètement contradictoire de dire cela. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne comprendront jamais la profondeur de votre oeuvre, je pense. Et je trouve ça triste. Bravo, et MERCI. Du fond du coeur. Je ne me promènerai plus jamais dans les bois sans espérer rencontrer un Elfe ou, qui sait, Beorn. Merci d'avoir donné un sens à ma vie. Merci d'avoir créé ce monde si noir et si féérique à la fois. Tinuviel vous salue bien. Namarië. Tinuviel La Belle, La Fille du crépuscule |
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| Chère dame, Je vous remercie profondément pour votre très belle lettre. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire votre petite histoire. Quant à l’incompréhension de vos proches, ne vous en faites pas. L’appréciation d’une œuvre est éminemment une question de goût, et il demeure des différences fondamentales entre des mythes anciens et originaux et mon monde imaginaire qui ne fait que s’en approcher du mieux qu’il m’est possible de faire. Mes œuvres vous ont manifestement émue à un haut niveau; je ne peux que m’en réjouir et m’incliner humblement. Par contre, je trouve un peu étrange que vous vous appropriez le nom de Luthien Tinúviel (dont vous oubliez l’accent sur la voyelle u). Assurément, vous n’êtes pas un personnage de fiction, tout comme moi, et votre nom véritable est sans doute préférable. Pardonnez également mon vice de philologue, mais je pense que le mot français fille, seul, ne correspond pas très bien au mot anglais maiden que j’utilise pour traduire tinúviel (twilight-maiden) qui, je vous le rappelle, est le nom poétique du rossignol que Beren donne à Luthien lorsqu’il l’entendit chanter pour la première fois. Je vous remercie encore pour votre lettre. Sincerely, JRRT |