Louis Roubiac
écrit à

   


Tintin

     
   

Compreniez-vous un peu le syldave?

    Il est bien établi aujourd'hui que, malgré d'indéniables influences slaves, le syldave est bien une langue germanique, étroitement apparentée au marollien, le flamand de Bruxelles, comme le montre une étude remarquable du professeur Rosenberger. Par une heureuse coïncidence votre biographe parlait justement le marollien avec une de ses grands-mères; gageons que cette connaissance a dû lui être des plus utiles quand il a fallu conter vos aventures en Syldavie.

Mais il est un point sur lequel aucun de vos correspondants ne semble vous avoir interrogé: vous-même, qui êtes bruxellois, connaissez-vous le marollien? Si tel est le cas on peut supposer que vous avez rapidement compris le syldave, à défaut de le parler couramment. Voilà qui éclairerait certains passages, comme celui où le roi Ottokar vous décore publiquement: il est vraisemblable qu'une telle cérémonie n'a pu avoir lieu que dans la langue officielle, et vous semblez bien comprendre.

Auriez-vous l'obligeance de nous apporter sur ce point les précisions nécessaires? D'avance je vous en remercie.

Louis Roubiac, linguiste.



Bonjour,

Vous visez juste! Hergé m'a beaucoup imprégné de cette culture particulière que l'on retrouve dans le marollien. En effet, cela me fut fort utile pour comprendre la langue syldave.

Il est aussi exact que mon biographe avait appris ce dialecte, qui s'entend dans les Marolles, de sa grand-mère maternelle, Antoinette Roch, née le 24 mai 1854, si j'ai bonne mémoire.

Toutefois, l'usage qu'il en faisait interdisait la «caricature». C'est dans un contexte d'authenticité et dans une perspective à la fois flamande et francophone qu'il a fait vivre le marollien sous nombre de déclinaisons dans ses récits de mes aventures.

Merci pour cette question.

Tintin