Chance inouïe
       

       
         
         

Jim

      Je titre ce message comme ceci pour trois raisons: La 1ère car je sais que inouï est un de tes adjectifs préférés, comme sapristi ou encore flûte!

Deuxièmement je veux faire référence à la chance inouïe que j'ai de pouvoir dialoguer avec toi, Tintin mon idole. He oui je suis ce que l'on appelle un tintinophile et je connais toutes tes aventures par coeur.

Chance inouïe enfin car je n'ai jamais compris pourquoi lorsque tu recevais une balle dans le tête, celle-ci frôlait toujours ta boîte crânienne, pourquoi lorsque tu sautais d'un pont de 100m dans une rivière de 50 cm de fond, tu te cassais seulement un ongle, pourquoi lorsque tu faisais une terrible chute de moto, quelques lechouilles de Milou suffisaient à te faire reprendre conscience. En réalité on a l'impression en vivant tes aventures que seuls Milou et bien sûr le Capitaine peuvent être blessés (Milou se casse une patte, se fait brûler la queue; le Capitaine tombe se casse la jambe... si je commence il me faudrait 3 pages...). Non pas que je te veuille du mal mais j'aurais simplement voulu savoir si tu avais une technique pour avoir autant de chance.

Bien voilà... je crois donc que «chance inouïe» correspond parfaitement comme titre de ce télégramme que j'envoie à Moulinsart.

Salue le capitaine Haddock, Milou, Nestor, Abdallah, Zorrino, Tchang, Alcazar, sa compagne (charmante n'est-ce pas?), et bien sûr le PROFESSEUR TOURNESOL, cet érudit si sympathique qui donne à toutes tes aventures un charme si particulier, le mahradjah de Rawashpoutallah, son jeune fils... ainsi que tous les autres...

Aventureusement vôtre,

Jim

PS: La côte d'agneau de la boucherie Sanzot est-elle bonne?
PS2: Quand pourrai-je correspondre avec Robert et Raymonde Bidochon: Tintin, tu ne dois pas connaître ces viles personnes, mais sache qu'elles sont tout simplement extraordinaires.
         
         

Tintin

      Bonjour à vous,

Merci pour votre lettre et votre judicieuse question concernant mes «chances» díavoir survécu à de si nombreux périples. Puisque vous vous dites «Tintinophile» et que vous affirmez connaître «par coeur» toutes mes aventures, vous vous rappellerez sans doute que jíai été sérieusement blessé à plus díune reprise et quíil mía fallu plus quíune « lèchouille» de Milou pour me rétablir. Par exemple, dans líalbum «Destination lune», voyez combien jíai souffert díune balle à la tête... Plusieurs semaines plus tard, je portais toujours un bandage incommodant. Et dans le récit de mes aventures au Tibet, ne manquez pas de relire le passage où je suis tombé dans une crevasse et perdu connaissance. Sans líaide du Capitaine, jíy serais toujours... Il y eut aussi cette avalanche terrible dont je ne me serais pas tiré sans une aide qui níavait rien à voir avec la chance...

Quant à ma bonne fortune díéchapper aux coups de mes adversaires ou à ma capacité de sortir vivant après un prodigieux plongeon, je líattribue à ma forme physique exceptionnelle qui me permet díanticiper les dangers ou de trouver les énergies indispensables pour y survivre. Évidemment, quelques fois, cíest surtout la chance qui mía énormément aidé... Remarquez quíil est clair que si cela en avait été autrement, il y a fort à parier que Hergé ne se serait pas intéressé à moi et à mes aventures comme il lía fait...

Merci pour vos aimables salutations à tous mes amis mais, présentement, il níy a que le Capitaine, Tournesol, Nestor et Milou avec moi, ici à Moulinsart.

Malgré toutes mes chances «inouïes», je dois vous dire quíactuellement, je níéchappe pas aux conséquences díune mauvaise grippe... Mais, ne vous inquiétez pas, je níen mourrai pas...

Cordialement,

Tintin

PS: Effectivement, je níai pas le plaisir de connaître les Bidochon. La côte díagneau de la boucherie Sanzot níest pas mon plat favori. Toutefois, le capitaine Haddock et Milou sont díavis quíil síagit de líune des meilleures quíils aient mangées...