Bernadette Kaivers
écrit à

   


Tintin

     
   

Au jeune reporter le plus séduisant de la planète

    Bien le bonjour mon cher Tintin!

Tout d'abord j'aimerais commencer par vous dire que je vous trouve fantastique... Tant au point de vue moral que physique que... enfin bon passons!Il se trouve que j'aimerais bien sympathiser avec vous! ah! Est ce bien ce cher Milou que j'entends miauler dans la pièce voisine? Le pauvre, il m'a l'air de couver quelque chose! Mais je ne doute pas une seconde qu'un homme comme vous ne laissera pas cet animal en pleine détresse! J'étais donc en train de vous faire part de ma profonde admiration, car il est vrai que de tomber d'un avion et atterrir dans une botte de foin chargée sur un camion qui passait justement par là, tout ça sans une égratignure, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais vous concernant, c'est une autre question qui m'a toujours perturbée; n'essayez pas de me faire croire qu'à votre âge vous n'avez jamais eu de relation amoureuse. (Car au grand jamais je n'ai eu l'occasion de vous voir au bras d'une charmante demoiselle.) Auriez-vous par le plus grand des hasards certaines tendances qui vous mettraient mal à l'aise? Nous sommes entre nous, n'ayez aucune honte! J'ai conscience de ma question est un tant soit peu indiscrète, mais je n'en dors pas de mes nuits! Et tant que nous en sommes à nos confidences, je dois vous avouer que, malgré tout le respect que je vous dois (et que vous avez entièrement d'ailleurs), les pantalons trois-quarts par dessus des chaussettes remontées... ça devient légèrement démodé. Je vous salue, vous et Milou, bien cordialement. Pourriez-vous en passant remettre mes affectueuses pensées à ce cher capitaine Haddock, à nos amis Dupont et Dupond, au professeur Tournesol et au charmant rossignol milanais que l'on a nommé Castafiore! Souhaitez de ma part un prompt rétablissement à votre compagnon fidèle! Je vous prie de croire, mon ami, en l'expression de mes meilleurs sentiments.