Cette île |
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| Très cher Survenant, Ce que j’aurais aimé causer un moment avec vous! Vous, personnage fictif de Germaine Guèvremont que j’apparente à Zorba le Grec de Nikos Kazanzaki et à ce Dompteur d’ours d’Yves Thériault. Tous trois, vous représentez l’Homme; l’homme différent des autres hommes en ce que vous ignorez le poison de la routine. Tous trois, vous dérangez, vous suscitez tout à la fois amour et haine... Dieu pour les uns, diable pour les autres. Qui étiez-vous donc, cher Survenant? Angélina, un des personnages-clé de ce roman, vous appelle si joliment Grand-Dieu-des-Routes; Amable, personnage falot, jaloux, vous qualifie de fend-le-vent. C’est à travers les yeux d’Angélina que l’auteur vous décrit:«... le Survenant exprimait le jour et la nuit: l’homme des routes se montrait un bon travaillant capable de chaude amitié pour la terre. L’être insoucieux, sans famille et sans but, se révélait habile artisan de cinq ou six métiers... Non seulement adroit à l’ouvrage et agréable aux filles, mais encore habile à se battre et aussi fort qu’un boeuf.» Qu’exiger de plus d’un homme??? Vous aurez permis au père Dida de transgresser les diktats de la religion du curé et de finir un veuvage étouffant. Vous aurez permis à Angélina - la boiteuse - de se croire femme, femme qu’un homme peut aimer. Vous aurez réveillé le village. Pour un temps, plusieurs se sont mis à rêver. Quel beau cadeau leur avez-vous fait! Mais, que cachaient donc vos mémorables soûlographies, cet attachement à «la bouteille» presque aussi fort que votre amour des femmes? D’où vous vient ce reffis de l’amour passionné d’Angélina, de l’amitié de Didace? Pourquoi ce départ sans même un adieu? Itinérant comme Zorba, comme le Dompteur d’ours, vous habiterez longtemps notre inconscient collectif. Je me demande même, si Charles Dumont, ce poète chanteur songeait à vous en écrivant ce refrain? Passager clandestin De l’amour quotidien Interdit de séjour Des banales amours Passager clandestin Voyageur incertain Est-ce qu’il existe une île Au bout de votre exil? Cette île aurait-elle pu exister pour vous? Madeleine Gousy |
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| Bonjour Le Survenant a existé et existera toujours, que ce soit l'île des gauchers ou l'île à la dérive, c'est un cri d'humanité, encore plus maintenant où tous semblent devenir l'outil de leurs outils... La «mouvance» est le salut... Humainement, Survenant |