Inédia
écrit à

Marie Stuart
| Marie Stuart, Je vous écris aujourd’hui car j’ai fait quelques recherches sur vous et votre vie et j’ai trouvé cela raiment très intéressant. Tout d’abord, j’ai lu que vous aviez épousé l’assassin de votre second mari. J’avoue ne pas omprendre qu’on puisse faire une chose pareille;j’aimerais donc que vous m’expliquiez les motifs de votre décision. Par ailleurs, j’ai vu que vous avez eu beaucoup de conflits avec votre cousine Elizabeth; j’ai même lu que vous auriez participé à un complot contre elle. Qu’avez-vous réellement fait? Et pourquoi tous ces conflits avec votre cousine? Je vous remercie de prendre le temps de me répondre. Inéida, élève de quatrième A au collège Michelet (Lettre envoyée dans le cadre d’un projet scolaire) Chère Inéida, C'est vraiment très gentil de votre part d'avoir pris le temps de consacrer quelques recherches sur ma personne. Je suis ravie de ne pas être tombée l'oubli. Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, je commencerai par répondre à la dernière question car elle est,selon moi, la plus importante. Ma cousine Elizabeth est reine d'Angleterre. Elle est la fille du roi Henry VIII d'Angleterre. Seulement, ce dernier l'a reniée, il ne la considérait pas comme une héritière légitime. À la mort de la dernière héritière légitime d'Henry VIII, Marie Tudor, la demi-sœur d'Élizabeth, la question de la succession s'est posée: Elizabeth était certes la descendante directe d'Henry VIII mais j'étais son héritière légitime. À l'époque, j'étais la fiancée du dauphin de France, c'est-à-dire le fils du roi Henri II, François. Je n'étais pas en mesure de réclamer mon trône. À la mort de François, je n'étais plus la bienvenue en France et je suis rentrée en Écosse dont je suis la reine depuis ma naissance par mon père Jacques V d'Écosse. J'ai cherché un nouveau mari. Je voulais que, comme moi, il soit catholique. Elizabeth a menacé tous les souverains d'Europe de représailles s'ils demandaient ma main. Ils m'ont abandonnée. Elle a ensuite mis sur mon chemin un prince catholique, moitié anglais, moitié écossais, lord Darnley qui a su me séduire et que j'ai épousé. Mais lord Darnley était un monstre qui m'a rendu très malheureuse. Il ne m’a pas du tout aidée, au contraire: il a monté les lords écossais contre moi pour prendre le pouvoir. Le seul lord qui me restait fidèle était lord Bothwell qui m’a fait croire qu’il m’aimait. Il a promis de me protéger jusqu'à la fin de mes jours si j’acceptais de l’épouser. Romantique et naïve que j’étais, l’idée m’a séduite. Mais il fallait annuler mon mariage avec lord Darnley. J’ai plus ou moins fait comprendre à lord Bothwell que c’était sa mission. Et il l’a assassiné. J’aurai opté pour un divorce mais je n’ai pas eu le choix. Qu’importe, lord Darnley était un monstre. J’ai épousé lord Bothwell contre l’avis des lords et celui d’Elizabeth. Tout le monde savait qu’il était un assassin. Et je me suis vite rende compte de mon erreur car lord Bothwell ne m’aimait pas non plus: il n’en avait qu’après la couronne d’Écosse. Trahie et haïe, je n’étais plus la bienvenue en Écosse. Les lords m’ont emprisonnée et forcée à abdiquer, c’est-à-dire à donner le pouvoir à mon fils, Jacques, le fils de lord Darnley. Jacques est devenu roi d’Écosse à un an! Je me suis échappée de ma prison déguisée en paysanne et je n’ai jamais revu mon fils. J’ai fui en Angleterre. Je me suis dit qu’Élizabeth, ma plus proche cousine, m’accueillerait et peut-être même m’aiderait à récupérer le trône d’Écosse. Pas du tout. Ma propre cousine m’a mise en prison où je croupis depuis presque quinze ans. À mon époque, les questions de religion sont d’une grande importance. Les catholiques et les protestants sont en guerre. Je suis catholique. Elizabeth est protestante. Les catholiques d’Angleterre savent bien qu’Elizabeth n’est pas reine légitime et aimeraient me voir sur le trône d’Angleterre à sa place. Elle na pas d’enfants. La seule façon pour moi de devenir reine et de sortir de prison serait de la voir disparaître. Alors peut-être ai-je une fois ou deux correspondu avec des jeunes gens prêts à donner leur vie pour assassiner Elizabeth. N’importe qui à ma place aurait fait la même chose. Mais la théorie des lords anglais et écossais qui dit que chaque jour je m’évertue à trouver une solution pour éliminer ma cousine est tout à fait exagérée. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de place pour nous deux sur cette terre et je me prépare à mourir car Elizabeth, bien qu’elle ait quelques scrupules, finira par suivre l’avis de ses conseillers protestants et signera ma condamnation à mort. Je suis prête à mourir. En ma Fin sera mon Commencement. Que Dieu te bénisse, Marie Stuart, Très catholique reine mère d’Écosse, reine douairière de France et reine légitime d’Angleterre. |