Retour en page d'accueil de Dialogus

Julien
écrit à

Marie Stuart


La France


    Bonjour,

J'aurais aimé savoir comment fut votre séjour en France lorsque vous avez épousé Notre Roi de France, François. La vie fut-elle simple pour une Écossaise qui fut, de surcroît, la Cousine de S.M. la Reine Elizabeth Ire? Étiez-vous respectée à la Cour de France?

Je remercie Votre Majesté de l'attention qu'elle voudra bien me porter en répondant à mes questions.

Julien
Bonjour Julien,

Mon nom est Stuart, de la famille des Stuarts, souverains écossais. Je m'appelle Marie en l'hommage de ma mère Marie de Guise, qui était française. Je suis donc moi-même à moitié française. Mon père est mort quand j'avais cinq jours. Je suis restée cinq ans presque seule avec ma mère, isolée dans un château. On ne peut donc pas dire que j'étais pétrie de culture écossaise quand je suis arrivée en France. J'avais des tenues écossaises que l'on a échangées contre des tenues françaises. Ma famille française, les Guise, se sont occupés de mon accueil et j'ai été élevée avec les enfants de France et ce furent les seules années heureuses de ma vie. Madame Catherine, ma belle-mère, a certainement eu plus de mal que moi à s'intégrer, elle qui est arrivée en France sans accueil et sans savoir parler français.

C'est mon retour en Écosse qui fut difficile. Je me sentais beaucoup trop française, pas du tout écossaise. L'Écosse est un pays rude, presque barbare. J'ai tenté d'y intégrer mes habitudes françaises et ce fut un échec. J'ai toujours préféré et regretté la France.

Ma cousine Elizabeth est peut-être de neuf ans mon aînée mais elle ne fut sacrée Reine qu'en 1558. Je suis Reine sacrée depuis 1543. Quand je suis arrivée en France, j'étais Reine d'Écosse et dauphine de France, elle n'était rien, une bâtarde du Roi, fille d'hérétique adultère. Quand j'en suis repartie, elle m'avait volé le trône d'Angleterre et a refusé que je passe par son royaume pour atteindre le mien. Jamais nos liens familiaux n'ont compté pour elle ni pour personne. Je suis sa plus proche parente et son héritière directe et je vous écris de la prison dans laquelle elle m'a fait enfermer. Cette femme n'a pas de coeur, pas d'amis, pas de véritables alliés et je suis sa seule famille. Elle mourra seule et triste.

Je mourrai peut-être seule mais j'aurai au moins la satisfaction d'avoir été entourée par des personnes qui m'ont aimé en tant que Reine et en tant que femme dans tous les pays dans lesquels j'aurai vécu.

Dieu vous protège,

Marie R.
************************Fin de page************************