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Alexandre
écrit à

Marie Stuart


Incompréhension


    Bonsoir Votre Majesté,

Comment vous portez-vous?

Une chose m'intrigue: est-il vrai qu'en troisièmes noces, vous avez  épousé l'assassin de votre second époux? Si cela est vrai, pourquoi? Quelles sont vos relations avec votre fils James?

En vous remerciant par avance pour vos réponses,

Alexandre, l'un de vos lointains descendants

Très cher Alexandre,

Si vous êtes un de mes lointains descendants, peut-être savez-vous qu'un Stuart se fie davantage à ses sentiments qu'à sa raison. Cela a causé ma perte, prenez garde que cela ne cause point la vôtre!

L'histoire de ma vie se résume en désirs inavoués. Non point des rêves de puissance comme ma cousine la bâtarde, puisque je suis née reine d'Écosse, mais plutôt des désirs de femme. Je suis une femme sous ma couronne, je ne suis pas un tronc. J'ai aimé un mari que j'ai perdu, j'ai été trahie par le deuxième, j'ai été charmée par un lord ambitieux. La culpabilité de James dans l'assassinat d'Henry n'a jamais été prouvée, ou plutôt elle a été prouvée par une Cour arbitraire à coups de fausses preuves. Mais il est vrai que nous avions tout deux envisagé de me libérer d'Henry pour pouvoir me remarier. J'avais envie de dénoncer une parenté trop proche; disons que James a opté pour une solution plus radicale. La mort du vice-roi a réjoui toute l'Écosse et je pensais pouvoir épouser Bothwell, célébré en héros. Mais mon peuple était très influençable et les lords l'ont retourné contre lui dès qu'ils en prirent ombrage. Je me retrouvais la femme d'un assassin
calviniste polygame quand je n'aspirais qu'à une belle romance. Les reines ne sont pas des femmes.

Mon fils James est aussi le fils d'Henry. Il a été élevé loin de moi par une Cour calviniste dans la haine de sa mère. Il déteste que je sois catholique et il a été persuadé que j'ai tué son père. Les Lennox et les Douglas lui font avaler les pires couleuvres à mon sujet. Je lui ai demandé de l'aide depuis ma prison. Il m'a reniée et s'est fait adopter par sa marraine, ma cousine Élizabeth. Je sais qu'un jour il regrettera sa conduite envers moi et j'espère être encore de ce monde pour lui pardonner. En devenant roi d'Angleterre, il accomplira certainement à ma place la fin de mon périple.

Dieu vous garde, lointain fils des Guise et des Stuarts!

Marie R.
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