Flore
écrit à

Marie Stuart
| Votre Majesté, Je vous écris pour vous prévenir que Sir Gifford, cet homme providentiel qui vous a permis de reprendre vos correspondances est un traître. En effet, Gifford est une taupe à la solde de Sir Francis Walsingham. Dans quel but? D'obtenir la preuve que vous acceptez le complot d'assassinat contre votre cousine Elizabeth. Gifford sert d'intermédiaire entre vous et Sir Bamington pour vous perdre tous les deux. Je vous le répète: il ne faut pas lui faire confiance. Lorsque vous vous êtes échappée de Lockleven, en Écosse, c'est après avoir séduit votre geôlier, Sir Douglas. Aviez-vous des sentiments pour cet homme ou ne l'avez-vous séduit que pour vous évader? J'espère que vous ne vous offenserez pas de cette question. Je n'insinue pas que vous vous êtes vendue, loin de là. J'ai beaucoup d'estime pour vous. Cordialement, Flore Très chère Flore, Il est déjà trop tard. À l'heure où je reçois votre lettre, la mission de Babington a déjà échoué. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de ce pauvre homme mais je doute qu'Élizabeth soit pourvue d'un quelconque sens du pardon. Un bien triste sort est réservé à quiconque se rend coupable du crime de vouloir me venir en aide. Une femme abandonnée de tous ne peut se défendre qu'avec les quelques armes qui lui sont innées. J'avoue avoir usé de mon charme pour joindre Douglas à ma cause. Cette fuite fut à la fois la plus audacieuse et la plus ridicule de ma vie. Après que le geôlier ait oublié de verrouiller la porte comme nous étions convenus, c'est habillée en servante, le crâne rasé, que la reine d'Écosse a fui sa prison et son pays. Je vous remercie et même vous admire d'avoir encore une once d'estime pour ma personne après un épisode si honteux. Le Ciel ne m'a vraiment pas épargnée. Dieu vous garde, Marie Stuart |