Traité théologico-politique
       
       
         
         

asy1959@wanadoo.fr

      Cher Spinoza,


Tout d'abord bonjour et respect à toi,

J'ai un texte dont tu es l'auteur qui s'intitule «traité théologico politique» (1665) à étudier et j'avoue que j'ai beaucoup de mal à le cerner. J'aimerais savoir pourquoi la superstition paraît-elle la source de «nombreux troubles et guerres atroces», aussi savoir ce que tu reproches aux différentes religions et enfin savoir pourquoi cela te conduit-il à entreprendre un examen des écritures (textes sacrés).
Merci, j'espère que tu pourras m'aider à saisir l'essence de ton texte

 

       

 

       

Benedict de Spinoza

      Respecté et admirable correspondant anonyme

En y regardant attentivement il apparaîtra clairement que le nerf de la superstition réside dans l'imputation de caractéristiques humaines à Dieu. L'être assurant la cohérence de l'existence fait alors l'objet d'une appropriation intempestive qui le transpose en chef suprême de la tribu fanatique prête à se ruer sur l'autre tribu fanatique en l'accusant d'adorer en idolâtrie un faux chef. Le mal superstitieux ahane bien plus des faux dieux que du vrai. Et l'inévitable doctrine pérorant sur les faux dieux des autres n'est pas la moindre chose que je reproche aux religions.

Or il semble clair à ma réflexion sur les textes sacrés que ce genre de pulsion superstitieuse n'en émane pas sur la base d'une lecture raisonnée mais en vertu de distorsions et ajouts qui émanent plutôt de l'extérieur des écritures. Je lis donc ces dernières pour les protéger et les défendre en ce qu'elles valent comme contradiction de la démarche brutale et étroite des zélateurs qui prétendent y trouver ce qu'ils cherchent à leur faire dire.

Vôtre,
Spinoza