Éthique ou morale |
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| Kant et Spinoza, Ô cher Maître! Bien souvent, je fais référence à vos écrits pour savoir comment m'assurer une bonne conduite. J'applique au mieux votre grand principe le conatus: «Il faut persévérer dans son être». Je cherche à acquérir de nouvelles connaissances qui puissent m'éloigner de mes affectations. Toutefois, mes passions me pèsent, la peur, la petitesse d'esprit me guettent à chaque coin de rue. J'essaie d'augmenter ma puissance car je sais que seule celle-ci me permettra de découvrir une joie pleine et entière. Ce travail sur moi-même est certes salutaire, mais ne devrais-je pas rattacher ma volonté à des valeurs universelles? Que ma volonté devienne bonne volonté, de telle sorte que la maxime de mes actions puisse être érigée en loi universelle. J'aimerais que cette volonté qui me donne le chemin de la connaissance devienne une fin et non un moyen de telle sorte que je traite l'humanité en moi et chez les autres toujours comme une fin et jamais seulement comme un moyen et aussi que je sois en même temps le législateur et le sujet dans la république des volontés. Mon éthique dictée par vos réflexions cher Maître ne pourrait-elle pas se marier avec de profondes valeurs d'humanité? Soyez certain que de vous écrire m'a donné une satisfaction sans pareil, je serais particulièrement heureux de pouvoir encore converser avec vous. Votre très dévoué, Émile Meirieu |
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très docte et digne Emile Meirieu, L'inspiration qu'on suscite peut se mêler parfois aux conséquences qu'on engendre pour... donner une poudre délétère. Il me coûterait que votre interprétation de la valorisation que j'assigne a notre intensité d'être exerce sur votre âme le poids indu et austère d'une ascèse. En y regardant bien vous observerez que l'intensité de l'être ne saurait exclure les plaisirs modérés (j'entends par là ceux ne débouchant pas sur des douleurs) et l'assouvissement des aspirations de tout calibre. Que votre quête d'humanité ne vous pousse pas vers la pulsion déshumanisante des spectres et vous resterez un disciple pondéré de ce Spinoza qui vous parle et qui vous dit qu'il faut savoir le lire et l'interpréter correctement et sans excès... comme tous les autres plaisirs. Votre, Spinoza |
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