| J. Krishnamurti | ||
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| Cher monsieur, Bien que nous soyions éloignés de trois siècles, on me faisait constater il y a quelques jours, une proximité d'esprit entre nous, «une connivence de philosophie», selon les propres termes de mon interlocuteur. Cet homme me confiait que quelques-uns de ceux qui m'écoutent ont acquis la certitude que j'aurais étudié vos textes parce que mon enseignement était trop dépourvu des réflexes de la philosophie orientale pour ne pas avoir trouvé une inspiration sur d'autres terres. Dialogus nous permet, vous de vous pencher en avant, moi en arrière dans le temps, et de faire de ce double mouvement un point de rendez-vous. Mais comme vous n'êtes pas censé me connaître puisque je ne suis pas encore né de votre vivant, je prendrai un exemple pour que nous considérions ensemble cette possible connivence, si cela vous convient. Alors qu'il m'écoutait suggérer que nous ne devrions pas «tuer le désir», comme tant d'approches religieuses le suggèrent, mais de le connaître, cet ami pensait à vous et à votre affirmation que ce sont les «idées inadéquates et les passions tristes» qui altèrent le cours du désir. Si ce que vous nommez «imagination» est la même chose que ce que nous appelons parfois aujourd'hui «le mental» dans un sens péjoratif, il se pourrait que seul le vocabulaire sépare notre perception du réel. Si votre conception de la purification de l'intellect -afin de considérer une vérité probable qui n'est pas réduite aux concepts- rejoint ce regard, il me semble que ce pont de trois siècles serait pour le moins réjouissant. J. Krishnamurti. |
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