Samuel
écrit à

   


Socrate

   


Retour sur le conseil chez notre bien aimé Socrate

   

Bonjour très cher Socrate.

J'espère que tu te portes pour le mieux. Tu te souviens peut-être de nos conversations de décembre 2005. Je reviens sur ta première réponse («je te recommande de me dire ce que tu en penses toi-même»), dont tu disais qu’elle était aussi ta première question: visais-tu par là à m’amener à approfondir ma question? Je le pense, car c'est sûrement là un trait de ta «méthode» qui cherche à découvrir sous des problèmes mal posés les vraies questions (comme derrière le problème de l’utilité de l’hoplomachie, abordé au début du Lachès de Platon, la vraie question de la vertu). Je vois aussi dans ta première réponse ce qui me paraît être un aspect caractéristique du «conseil socratique»; c’est-à-dire un type particulier de conseil qui n’inhibe pas le questionneur, mais lui offre la possibilité d’un discours réfléchi sur sa problématique. Que penses-tu de ces deux remarques?

D'avance merci pour ta réponse, que j'attends déjà avec impatience.

Accepte mes sentiments les meilleurs et les plus sincères.
 
Samuel
 
P.-s.: Au stade où j'en suis, je peux te proposer de parcourir le sommaire (encore provisoire) du texte que j'ai préparé, je serai heureux de recueillir également ton avis sur l'introduction (seulement 3-4 pages); si tu acceptes ma requête, je te joindrai cela lors de mon prochain message.
 
P.-s. 2: : Crois-tu que je puisse trouver quelque chose d'intéressant chez Antisthène et Eschine au sujet de ta manière de conseiller?


Samuel,

Maintenant tu comprends ce que je fais de ton impatience. Ma réaction à cette dernière fait partie du conseil que je te porte en ce jour, sur tes propos sur le conseil, sur le fatras platonique et sur le reste.

M'aimes-tu toujours?

Socrate


Bonjour à toi cher Socrate.

Tu sembles blasé, mon ami. Où ton entrain est-il parti?  Ton coeur est-il meurtri?

Heureux de ton retour d'exil et cordialement,

Samuel


Mon entrain est parti pour toujours le jour de la victoire de Sparte sur Athènes. Il ne reviendra plus jamais.

Socrate
Bonjour ami,
 
N'oublie pas, cher Socrate, que tu as incarné le courage dans la bataille; que si Sparte a gagné une bataille, toi, c'est l'éternité qui t'est réservée. Deux mille cinq cents ans après la défaite dont tu me parles, ton questionnement continue à marquer tout l'Occident.
 
Je te donne aussi de mes nouvelles: j'ai débuté il y a six mois une recherche sur l'un de tes successeur, Charles Renouvier, un philosophe français du XIXe siècle. Il n'arrive peut-être pas à ta hauteur mais c'est un penseur hors du commun. Le connais-tu?
 
Bien à toi,
 
Samuel.

Non pas. Qu'annonce-t-il tant pour que tu te réjouisses à ce point de lui?

Socrate