Adadiablo
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Socrate

     
   

L'opignon

    Bonjour Socrate,

J'ai treize ans et je me pose une question. Que penses-tu, toi, un philosophe célèbre, que penses-tu de l'opignon, des gens qui opignent?



Je pense, ô Mignon qu'ils ont... pignon sur rue. Mais mon principal ennui, ce n'est pas quand ils opignent, mais plutôt quand ils opinent...

Socrate
 

Ok, merci, je ne m'attendais pas à cette réponse, je voulais dire, quelle est ta définition de opignon?

Pour ma part c'est:

«L'opinion est quelque chose d'intermédiaire entre le savoir et l'ignorance. Elle ne porte ni sur l'être véritable (idées) ni sur ce qui n'est pas (le néant) mais sur quelque chose qui est intermédiaire entre l'être et le néant: ce quelque chose c'est le monde sensible». Les hommes qui opinent sentent confusément mais ne pensent pas. «Ces hommes qui voient la multitude des choses justes sans voir la justice même, et ainsi du reste, ceux-là opinent sur tout mais ne connaissent rien de ce sur quoi ils opinent». L'opinion est donc irréfléchie, incertaine, elle se fie aux apparences et elle y adhère sans examen critique. L'opinion peut se trouver vraie mais c'est par hasard, elle ne voit jamais les raisons qui la font vraie.

Voilà, ceci est ma définition de l'opignon, et toi?


La mienne... c'est d'abord celle de mon disciple. Je le laisse la formuler et j'ajuste le flux maïeutique jaillissant. J'ajouterai donc simplement ici que le monde spéculatif non plus n'échappe pas aux morsures de cette opinion que tu décris fort bien...

Socrate


Ah oui, que veux-tu dire quand tu dis que le monde spéculatif n'échappe pas non plus à l'opignon?


Que, par exemple, l'être spéculatif par excellence - dieu - est un quignon à l'oignon sentant à plein nez l'opignon...

Socrate