Comte Vergil
écrit à

   


Socrate

   


Le torchon ne s'est pas enflammé entre vous et

   

Cher homme de raison,

Oh, mon bon monsieur, n'y voyez là aucune provocation.

Si je vous écris, c'est parce que mon esprit (qui n'a pas encore accouché) est confus.

Voilà bien des années que j'entends votre nom, et voilà bientôt une vingtaine de jours que je me suis aperçu d'une chose: vous n'avez strictement rien écrit, et vous n'êtes connu dans notre époque que grâce à vos contemporains dont je cite les noms: Aristophane (qui se moquait de vous), Xénophon (qui, osons le dire, faisait de même) et Platon, votre disciple qui vous dédiait tous ses dialogues dont vous tenez le rôle principal.

Vous êtes perçu de mes jours comme un homme cherchant désespérément la vérité.

Ma question est alors la suivante: vous qui êtes en quête de vérité, pourquoi avez-vous accepté d'être l'auteur des oeuvres de Platon? Cette usurpation m'offusque grandement, et je vous remercie d'avance pour me donner quelque réponse satisfaisante.

Dans l'espoir que vous éclaircirez ma lanterne, je vous prie, mon bon monsieur, d'accepter mes respects les plus sacrés à votre égard.

Comte Vergil