La vérité (2) |
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| Socrate, J'ai trois questions pour vous. Tout d'abord, la vérité est-elle relative ou universelle? Existe-t-il un critère de vérité? La raison permet-elle d'atteindre la vérité? J'aimerais bien en discuter avec vous. Sincèrement, Marc-André |
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| Oui, aux trois. Maintenant discutons. Socrate |
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| Pourquoi croyez-vous que la vérité est universelle?
Pourquoi croyez-vous que la vérité peut être atteinte par la
raison? Quels sont vos arguments? Sincèrement, Marc-André |
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| La vérité est d'univers parce que le mensonge
est personnel, restreint à notre humaine mesure. L'univers ne te ment pas.
Il se contente de soustraire ses replis à la limitation de tes sens. Mais
il attend la justesse de ta connaissance, qui, lorsque mise en place, saisit l'univers
qui ne se dérobe pas. Voici que j'égare le petit cordon qui noue ma tunique à l'épaule. Je cherche, je furète, je musarde, je m'inquiète. Rien. Je m'assois au bord de la fontaine et passe en revue dans ma mémoire tous mes gestes au moment du déshabillage d'hier. Confusion complète de mes sens et de mon souvenir. Le réminiscence de ce dernier se confond avec la réminiscence de ce geste répété tous les jours où je place le petit cordon à l'endroit où je ne le retrouve plus justement maintenant. La recherche tâtonnante, que ce soit dans mon environnement ou dans ma mémoire, ne me sert de rien pour clarifier une vérité si effroyablement infime. C'est alors qu'entre en jeu ma raison. Je me calme, élimine un par un tous les endroits où le petit cordon a pu finir. Je vais du plus certain au plus impossible, par étapes méthodiques, et sans concession à mes impressions ou à mon humeur. Je finis par le retrouver dans l'encoignure de ma couche et du mur de la demeure. Un lieu que j'aurais négligé ou rejeté sans le recours du systématisme raisonnable et de la paix de l'esprit résigné qui l'accompagne. S'il en est ainsi de la recherche du plus petit apparat de ma modeste tenue vestimentaire, comment n'en serait-il pas des lois profondément plus cachées et fugaces de l'univers et de la conscience? Socrate |