Fourmi
écrit à

   


Socrate

   


La phrase «Connais-toi toi-même»

    Cher Socrate,

Résidant là où vous avez vécu, là où vous fûtes initié à la Sagesse, c'est-à-dire en Crète, je suis étonné de constater qu'une fois de plus, on vous attribue cette fameuse phrase: «Connais-toi toi-même».

Je suis encore plus étonné de constater que vous déclarez ne pas savoir la VÉRITÉ alors qu'elle est aisée à connaître: c'est Thalès de Milet, un des sept Sages de l'Antiquité, reconnu comme tel, qui a prononcé cette phrase qui, pour devenir une réalité, implique que l'homme fasse sienne cette «sentence» que l'on peut lire dans notre actualité contemporaine:

AUCUNE CONNAISSANCE, AUCUNE RÉFLEXION, AUCUN CHOIX VALABLE N'EST POSSIBLE TANT QUE L'HOMME NE S'EST PAS DÉPOUILLÉ DE TOUT CE QUI LE CONDITIONNE, À TOUS LES NIVEAUX DU VÉCU.

Jacques LACARRIÈRE , Les Gnostiques, p 138.

Je comprends mieux pourquoi vous n'avez été considéré que comme «philosophe», c'est-à-dire «amoureux de la sagesse», et non pas classé comme
«sage»....

D'ailleurs, c'est votre amour de la sagesse qui vous a conduit à nous quitter en absorbant la ciguë, et non votre «SAGESSE» éventuelle.

En effet, les lois de la Cité, celles qui vous avaient condamné, vous autorisaient à la quitter, À CONDITION de dire ce qui, dans ces lois, ne vous paraissait pas juste.

Et si vous mouriez au nom du respect de lois... qui ne sont pas souvent justes... et vous légitimeriez ainsi pour des millénaires les abus, les incohérences, les stupidités des «législateurs» de tous acabits.

Votre responsabilité est terrible, cher Socrate... dans l'Histoire de notre humanité.

Comment pouvez-vous continuer à rester dans nos esprits comme un «GRAND»?

Avec mes salutations humanistes et fraternelles.

Fourmi