Florence
écrit à

   


Socrate

     
   

Étranger?

    «Rien de ce qui est humain ne m'est étranger»

Cher Socrate,

Contente de te retrouver, cher Maître. La phrase ci-dessus, je l'ai lue et je reste très sceptique devant cette affirmation. Qu'en penses-tu, toi? Crois-tu qu'on puisse affirmer une chose telle que celle-ci? Pour ma part, je trouve que l'être humain a ses secrets que nul ne peut connaître. Et la philosophie, c'est bien ça: cheminer pour comprendre, mais aura-t-on un jour fini de comprendre? J'en doute.

À te lire Maître!

Florence

Mais Florence, tu commets l'erreur d'interprétation habituelle à propos de ce bel aphorisme. Celle de croire que celui qui le profère est un fat, prétendant tout connaître. Or rien de ce qui est humain ne m'est étranger, cela veut simplement dire que rien de ce qui est humain m'indiffère, parce que tout ce qui est humain me captive et m'intéresse au plus haut point.

Ce n'est pas l'aphorisme de celui qui se croit omniscient (celui-là aurait proféré: rien de ce qui est humain ne m'est inconnu), mais au contraire de celui qui a une soif inextinguible de découvrir plus avant l'humain parce que l'humain lui sera toujours un intime et jamais un étranger.

Socrate


Expliqué ainsi, je l'accepte, je ne suis pas bornée, tu vois. Un être tel que toi, Socrate, manque à ma vie. Que ne donnerais-je pour t'avoir à mes côtés afin de partager connaissances et amitiés. Mais, malheureusement, la barrière des siècles et des mentalités est bien trop présente.

Florence

Tu me surestimes, je t'assure.

Socrate


Sûrement, Socrate, sûrement. Mais ne sais-tu donc pas que tant que le rêve demeure, la réalité ne peut le détruire? Le jour où celui-ci prendrait une forme réelle, c'est alors que les illusions se perdraient. Me comprends-tu?

Florence

Le rêve réalisé de subjuguer Athènes n'a pas grandi Sparte et a flétri Athènes. Et comment que je te comprends.

Socrate