Martin Jaunait
écrit à

   


Socrate

     
   

Commentaire

    Cher Socrate,

Vous semblez attacher beaucoup d'importance à la subversion... à un anachronisme près, vous appréciez donc sans doute beaucoup Nietzsche, qui excelle dans l'art de la subversion. Mais la philosophie ne peut répondre d'une telle simplicité de définition: je ferai appel plutôt à l'étonnement, pour la définir. La philosophie a pour tâche première d'étonner, pour pouvoir susciter une curiosité fertile qui conduit à la réflexion. Faire appel à la subversion, relève plutôt d'un effet de notre modernité: devant la pesanteur de nos démocraties, de notre espace de délibération publique atrophié, où se meurt le débat par excès de démagogie (tel est le danger que représentent en effet les sophistes), la subversion est tentante. Mais est-elle la réelle manifestation du jaillissement de la pensée? Il semble plutôt qu'elle soit condition de la réflexion, mais en aucun cas une finalité, car dès lors qu'elle serait envisagée comme fin de la réflexion, ce serait l'appauvrissement de celle-ci: la tâche du philosophe en serait réduite à penser «contre» et non pas penser «avec»...

Alexandre d'Aurevilly



En fait, la subversion me fait languir d'ennui. Bien sûr, après sa disparition, je serai mort... mais il reste que la subversion, c'est une sacrée barbe!

Cela vous étonne?

Socrate