Vous n'avez pas dû avoir que des malheurs dans votre vie
       

       
         
         

Mimouna

      Bonjour Sissi,

La première fois que j'ai regardé la trilogie Sissi et lu votre biographie, à vous et Romy Schneider, ces quelques phrases me sont venues à l'esprit: leur beauté n'a pas d'égale. Je vous regarde, je souris, mais quand je pense à votre vie je suis triste. On dit que l'on voit dans les yeux d'une femme si elle est bien ou pas. Des femmes avec de tels yeux ne peuvent être que des femmes bien, même extraordinaires. Je vais faire en sorte que mes enfants et mes petits-enfants n'oublient pas ce que vous étiez et que cela reste dans leur mémoire.

J'ai une question à vous poser. Je pense que vous n'avez pas eu que des malheurs dans votre vie mais des bonheurs aussi. J'aimerais que vous puissiez m'en citer quelques-uns. 

Merci.

mimouna
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Mimouna,

Plus d'un siècle me sépare de vous, mais j'ai tout de même pu, grâce à Dialogus, avoir des renseignements sur la très belle Romy Schneider. Ce que j'ai appris d'elle, c'est que sa vie non plus n'a pas été très gaie... Comme quoi la beauté n'est pas un gage de bonheur.

Oui, j'ai eu des moments heureux dans ma vie. Mon couronnement comme Reine de Hongrie en 1867, la naissance de Marie-Valérie en 1868... La naissance de mes autres enfants devrait également se trouver au nombre des événements heureux de ma vie, mais comme on me les a pratiquement confisqués à la naissance, ce qui aurait dû être une joie et ce qui aurait pu m'aider à m'adapter à la vie à la Cour est rapidement devenu un sujet d'amertume supplémentaire. J'ai trouvé la joie dans mes voyages de chasse à courre en France et en Angleterre, dans les années 1870-80, mais je n'ai jamais pu trouver le bonheur dans mon rôle d'impératrice. Ma joie lors du couronnement de 1867 venait surtout du fait que j'avais pu ainsi venir en aide à un peuple que j'aimais particulièrement, et m'affirmer en tant que personne devant la Cour de Vienne. Mes joies ont été des joies de personne privée, tout comme mes chagrins. Les victoires et les déceptions de monarques, je laisse cela à mon époux.

Amicalement,

Elisabeth